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Bienvenue 24/03/2016


PROLOGUE
 
C'est la réunion décennale de l'université de Louis Tomlinson, et il n'a pas fait grand-chose de sa vie. Bien sûr, il est devenu un brillant avocat avec une belle voiture et un bel appartement, mais sa vie est vide, et Louis sait pourquoi. Dix ans plus tôt, ne se sentant pas prêt à accepter son homosexualité, il a laissé Un certain Harry Styles derrière lui.

Louis a passé dix ans à prétendre être hétéro – dix ans à repenser à ses erreurs. Mais l'éternité n'aurait pas pu le préparer à la réalité de revoir Harry. harry est plus grand, plus mature, plus séduisant que jamais, et toujours aussi homosexuel affiché et fier qu'il l'était dix ans plus tôt. Le temps n'a pas changé l'alchimie entre eux, et il semble que Louis puisse avoir une seconde chance. Tout ce qu'il a à faire est d'écarter les années de mensonges et d'embrasser une puissante vérité.
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Chapitre 3 11/04/2016


                                                           

                                                              CHAPITRE 3

Louis
 
 

JE COURS toujours.
J'ai couru toute ma vie. Ma mère m'a dit une fois que mes premiers pas étaient en fait un galop hésitant à travers le jardin. Cependant, je ne cours avec un but que depuis les, oh, seize dernières années ou presque. Dès que j'ai eu le choix entre le football et l'athlétisme en première année de lycée et que j'ai décidé que la course serait moins de travail. Quand j'ai commencé, je ne savais pas ce que cela viendrait à signifier pour moi  J'avais l'habitude de courir pour gagner. J'adorais le fait de me jeter sur la ligne d'arrivée. Je ne sentais jamais mon propre poids jusqu'à cet instant-là, jusqu'à ce que ce soit terminé. Alors seulement, je me demandais par quel miracle j'étais arrivé si loin, si vite, quand chaque pas qui n'avait pas d'importance semblait pouvoir me briser – tremblant, irrégulier, lourd comme du plomb, comme si mon corps ne connaissait qu'une vitesse et ne voulait jamais ralentir, ne voulait jamais s'arrêter.
 

Aujourd'hui, je ne cours plus pour gagner. Je ne l'ai pas fait depuis que j'ai été diplômé de Caswell et réalisé qu'à l'Université de Droit de Richmond, tout le monde  se foutait du sport auquel vous jouiez avant dans votre insignifiante petite université. Franchement, je n'ai jamais eu à regarder la nuque de quelqu'un d'autre devant moi, à sentir le sable, rejeté par leurs talons, me piquer les jambes. Mais gagner n'était pas la seule raison pour laquelle je courais. La meilleure chose à propos de courir... la beauté de tout ça... c'est que la seule personne que je doive vraiment battre, c'est moi.

Mon meilleur temps. Ma foulée la plus fluide. Mon rythme le plus rapide ou ma plus longue distance. Je n'ai pas vraiment besoin de plus de concurrence que moi-même. Non, je peux très bien me battre moi-même. Donc, je ne cours plus en équipe ou sur piste. Je cours dans les rues, en esquivant les flaques d'eau et les passants. Je cours dans le parc, à travers les bois, portant les écorchures sur mes jambes comme des tatouages. Je cours tous les matins, qu'il pleuve ou qu'il fasse beau.
Toute ma vie, j'ai couru.
 

J'ai couru de Danesboro à Richmond, et de Richmond à Washington, D.C. J'ai fui la Bible Belt comme si le diable lui-même était à mes trousses et je me suis précipité vers la grande ville.
Je me suis éloigné du garçon que j'étais et de l'homme que Harry Styles voulait que je sois.

J'ai couru, sérieusement, pendant la moitié de ma vie, et ce dont je suis en train de me rendre compte maintenant, c'est que si ce que vous fuyez c'est vous-même, vous n'allez jamais très loin.


CE N'ÉTAIT pas vraiment une découverte foudroyante, mais pas loin. Elle arriva dans la boîte aux lettres, où je m'y attendais le moins. Une enveloppe vélin, un sceau familier. Il semble que nous ne recevions pratiquement plus de courrier de cette classe de nos jours. Tout est entièrement automatisé maintenant, entre Evites et PayPal. Mais quelques annonces  des faire-part de mariage, ou de naissance, ce genre de choses sont encore remises en mains propres, de pittoresques reliques de la façon dont les choses avaient coutume de se faire à l'époque.

Cette fois, l'épais papier crème n'exige pas de moi l'envoi d'un quelconque cadeau. Cette fois, il vient de l'Université de Caswell, claironnant la réunion décennale de la classe de 2015.
Dix ans. Cela fait dix ans. Et soudain, tous ces mariages auxquels je ne suis pas allé et ces bébés que je n'ai jamais vus me semblent... réels. Durant les dix années, depuis que j'ai quitté la maison, mes copains de classe sont allés de l'avant et se sont construit  des vies bien réelles. Se sont mariés, ont eu des enfants. Se sont installés.

Qu'ai-je fait, moi ? Changé d'état, fait l'école de Droit, puis déçu mon père encore en rejoignant une entreprise à Washington, D.C. dont il n'avait jamais entendu parler, au lieu de rentrer à la maison et de transformer son cabinet 'Tomlinson & Young' en 'Tomlinson's &Young '
Je me fiche du travail. Ça me donne quelque chose à faire et une bonne excuse quand j'en ai besoin tout le monde a connaissance des heures que les avocats ont en réserve, le déluge de travail. 'Excuse-moi, chérie, je suis sur une grosse affaire' peut me sortir d'à peu près tout ce que je ne veux pas faire. Ça me rappelle un peu la fac, quand tout ce que j'avais à dire à une fille était, 'Désolé, le coach nous entraîne très dur en ce moment'.

Durant le temps qu'il fallut à la plupart de mes anciens camarades pour rencontrer des filles, les épouser et passer leur lune de miel à Cabo, je suis sorti avec une succession de femmes grandes et minces aux cheveux sombres et courts qui pensaient que j'étais chevaleresque parce que je les sortais et les ramenais ensuite jusqu'à leur porte avec un baiser. Je les aimais elles étaient toutes intelligentes et drôles et j'appréciais leur compagnie. Parfois, quand je ne pouvais opposer aucune raison de ne pas le faire, j'avais des relations sexuelles avec elles. Et si je les faisais se retourner et les prenais par-derrière, je pouvais même jouir.

Je ne suis jamais resté avec aucune d'elle très longtemps.
Et je ne suis jamais sorti avec aucun homme ni même entré en contact avec l'un d'eux. Pas une seule fois. Je vois des homosexuels tout le temps D.C. en est rempli. Mais je n'ai jamais rencontré un homme qui semblait en valoir le risque. Cela aurait été vraiment stupide de me dévoiler pour un étranger alors que j'avais déjà abandonné quelqu'un auquel, en fait, je tenais. Plus facile de rester caché, à vivre dans les standards de la normalité, que de passer par là encore une fois. Les yeux fixés sur l'invitation, avec sa formule polie 'merci de votre réponse', je réalise que j'ai couru sur place pendant tout ce temps. Je n'ai rien accompli.
Peut-être que si j'y vais, si je confronte les fantômes de tout ce que je ne peux me résoudre à admettre, les rappels précis des choses que je suis censé vouloir, quelque chose changera. Je serai soit capable de tenir bon et de tout avouer, soit je laisserai finalement tomber et accepterai la vie que mes parents veulent que je mène et que mes amis supposent être un don.

Je pense qu'il est temps de rentrer à la maison.
Temps de découvrir qui je serai quand cette délicate première étape se présentera ; temps de voir si je peux soutenir mon propre poids quand je ne suis plus en train de courir.


JE SUIS devenu très bon pour ne pas penser à Harry Styles. Je l'ai enterré aussi profondément que j'ai pu, ce qui n'est jamais suffisamment assez loin.

Je ne nage plus du tout, par exemple. Harry nageait pour l'équipe de Caswell cette année-là. Sa spécialité était la nage libre et le dos crawlé, et bien que je ne pense pas qu'il ait gagné la moindre compétition, il s'est qualifié pour plusieurs rencontres universitaires de niveau national et a tenu la distance face à des nageurs d'écoles plus renommées.

Entre course de fond à l'automne et sur piste au printemps, j'étais complètement débordé. Et puis, pendant mon temps de repos en hiver, il nageait. J'avais mes activités et lui les siennes, mais nous nous organisions du temps pour être ensemble entre nos différentes occupations.
J'avais l'habitude de le regarder s'entraîner, me disant que les sièges spectateurs de la piscine représentaient un endroit idéal et calme pour étudier. En vérité, la seule chose que j'étudiais était son corps mince fendant l'eau, une longueur parfaite de peau pâle ses tatouages et de muscles affinés par la natation. D'une certaine manière, toute cette peau semblait indécente ou peut-être était-ce ma réaction à cette vision qui forçait les limites de la décence. L'odeur du chlore me fait bander encore aujourd'hui.
Je le vois encore, parfois, dans les omoplates saillantes de quelqu'un, dans une mèche de cheveux Boucler entraperçue dans le métro, au moment où la personne se détourne. Une pommette capte la lumière dans un restaurant et me piège. De simples moments  fugaces qui tranchent dans le vif, esquivant les os, perçant profondément.

Mais je réussis, jour après jour, à ne pas penser à lui directement.
Donc l'embardée que fait mon c½ur alors que je conduis en direction de la ville me surprend. Je ne peux pas la confondre avec autre chose. Cet organe-là n'a jamais répondu qu'à une seule personne de cette façon, immédiate, instinctive, totalement incontrôlable.
Je rappelle à mon c½ur qu'il ne s'agit pas de retrouvailles avec Harry. Il était trois ans derrière moi à l'université et se trouve maintenant très certainement à de nombreux kilomètres de là. Il est probablement dans les Corps de la Paix au Mozambique ou en train d'écrire une sitcom pour NBC ou quelque chose du même genre. Ceci ne concerne pas Harry. Il s'agit de moi.
Bien sûr que cela le concerne, me rétorque mon c½ur.
Cela n'a rien à voir avec lui
.
Je ne pense pas qu'aucun de nous ne soit vraiment dupe.
Je suis arrivé un jour en avance. Je me suis levé aux aurores et j'ai traversé les embouteillages du vendredi matin pour me rendre de l'autoroute 95 à la 85. En moi-même, je me suis dit que c'était pour pouvoir passer plus de temps avec mes parents que je vois de moins en moins à mesure que les années passent, et jamais chez eux de surcroît. Mais bon, si je ne suis pas capable d'affronter ce retour, je peux tout aussi bien repartir, et personne n'en saura rien. Si le simple fait de me garer dans la rue principale un vendredi après-midi fait presque jaillir mon c½ur hors de ma poitrine, cela pourrait même être une bonne idée.

Descendre le tronçon de quatre blocs du centre-ville de Danesboro jusqu'au cinéma envoie un frisson le long de mes bras, jusque dans mon cou. Comparée à DC, ou encore à Richmond, Danesboro ressemble à une ville miniature, et l'université, nichée tout contre le quartier des affaires, semble encore plus petite.
Quand j'y repense, c'est un miracle que nous ayons réussi à nous en sortir aussi bien que nous l'avons fait. Nous n'étions pas exactement prudents, pas vrai ? Ce qui est vraiment choquant, c'est le temps qu'il a fallu à tout ce château de cartes chancelant pour s'écrouler. Je ne sais pas si je peux faire ça. Je ne suis pas sûr d'être assez fort. Je n'étais pas assez fort à l'époque, et rien de ce que j'ai fait depuis me fait penser que j'ai gagné un quelconque nouvel élan.

Je réfléchis probablement trop à tout ça. C'est loin d'être LA scène  de l'Apocalypse, et peu importe si cela y ressemble exactement. À cet âge, nous faisons plus de choses que nous ne le devrions, n'est-ce pas ?
Était-ce vraiment si mal ?
L'était-ce ?

Je dépasse le guichet du cinéma multiplex où j'ai vu Harry cette nuit-là, attiré ici par une étincelle résiduelle en moi qui m'affecte toujours et qui apprécie l'ironie. La profonde inspiration que je prends me rappelle que mon c½ur est toujours en train de battre la chamade.
Ce n'est plus la peine de le rejeter maintenant, de détourner les yeux du visage que je peux toujours évoquer avec une clarté absolue. Dans mon esprit, il a toujours dix-neuf ans les membres dégingandés et la peau lisse, les os saillants et les lèvres douces, les yeux brûlants, les épaules étroites et l'humour acéré, son propre besoin en lutte avec le réconfort qu'il offrait toujours.

Je l'aimais. Et je n'ai jamais connu personne qui m'effrayait de la façon dont il le faisait. Il m'ébranlait, me prenait ce que je connaissais, me montrait ce que je voulais vraiment, et m'en donnait alors le prix : je devais admettre les choses. Je savais que je ne pouvais pas le faire. Que je ne pouvais pas l'avoir, lui. Pas à voix haute, pas en public.

Je l'ai blessé parce que j'avais peur. Parce que je n'étais pas fort comme lui. Parce que je n'avais aucune fichue idée de qui j'étais ou de comment obtenir ce dont j'avais besoin. Parce que je ne pouvais imaginer être celui qu'il voulait que je sois.
À vingt-deux ans, je voulais tout, et ce que j'ai appris à trente-deux, c'est que je ne peux pas tout avoir. De la manière dont je fais les choses actuellement, je n'aurai rien. Malgré les nombreuses choses dont je ne suis pas sûr, je sais quand même ceci : je ne peux pas vivre le reste de ma vie comme j'ai vécu les dix dernières années. Il faut que je possède quelque chose de bien à moi, quoi que ce soit. Je ne peux pas continuer à me cacher sous la surface de ma vie trompeusement attrayante. Je ne peux pas... je ne peux tout simplement pas continuer de courir
.
Donc, je suis là. Le premier pas est fait. Je suis là, où je l'ai aimé, le faisant consciemment remonter à la surface, pensant à lui, laissant Harry m'imprégner complètement. Contre ma volonté et mes intentions, il est là en moi.
Je mets les mains dans mes poches et me remets à marcher pour me diriger vers Grand Hall sur le campus.

 C'est bien que je sois là. Peut-être que je peux exorciser ce fantôme une fois pour toutes.
Peut-être que je découvrirai que, oui, c'était une crise d'adolescence. Pas plus mal, en fait. Du passé. J'ai probablement bâti plus dans mon esprit que je ne l'aurais dû. Si je lui avais parlé cette nuit-là au cinéma, au lieu de l'envoyer balader, ou si j'avais eu assez de courage pour dire à Oli et Calvin et à la stupide Briana que ce qu'ils disaient était déplacé, nous aurions peut-être pu rester amis, et je n'aurais pas associé toute mon expérience universitaire avec ces quelques terribles minutes. Si j'étais revenu chaque année à Noël, si j'avais assisté à quelques  mariages et un ou deux baptêmes, cela n'aurait pas autant d'impact aujourd'hui. Ce ne serait probablement pas aussi... intense... que dans mon souvenir. Le temps a sûrement donné à tout ça une intensité qui lui manquait en son temps.
Je vais aller à cette réunion et me mêler aux personnes présentes, et tout sera parfait. Normal. Tout ira bien.


GRAND HALL n'a pas beaucoup changé. Ça sent encore le détergent pour sols et les chaussettes de sport. C'est calme à cette heure-ci : les cours sont finis pour la journée,  les étudiants dispersés entre leurs millions d'activités. J'entends un bourdonnement dans plusieurs des salles de classe alors que je passe devant elles des groupes d'étude, je suppose, ou des communautés d'étudiants occupés avec leurs différents clubs.
Il n'y a pas grand-chose à voir à cette heure de la journée un vendredi. Je retourne vers l'une des classes dans l'un des couloirs, essayant de me décider sur la manière de gaspiller quelques heures supplémentaires afin de ne pas les passer à devoir tenir une conversation guindée à la maison, quand j'entends retentir la voix d'un élève à travers une porte entrouverte.

M. Styles, le scanner ne fonctionne pas. Encore.
Le nom m'arrête. Je secoue la tête. C'est un nom assez courant à Danesboro. Cette pensée me fait imaginer qu'il pourrait s'agir du père de Styles, qui enseignait l'histoire quand j'étais étudiant ici, bien qu'il soit sûrement à la retraite maintenant. Je reste immobile derrière la porte.
Puis la réponse arrive, d'une voix que j'aurais reconnue parmi des centaines encore aujourd'hui, malgré son timbre profond.
Avez-vous essayé de l'allumer, Elizabeth ?
Personne n'avait la même voix que lui. J'avais été attentif toutes
 ces années, essayant de retrouver cette combinaison d'humour, de tendresse et de sarcasme chez d'autres. Je ne l'avais pas entendue jusqu'à présent. Le son sourd renvoyant sa voix dans mes oreilles est celui de mon c½ur qui affirme douloureusement je le savais ! Je savais qu'il était là. Il bat si fort que je peux le sentir dans ma gorge, et cela me fait tousser. Fort. Le bourdonnement en moi s'apaise.
Merde.

Il me faut une quantité étonnante de courage pour ouvrir la porte.
Harry se tient debout devant une table, courbé en deux, en train de pointer quelque chose à l'attention d'un élève. Tout ce que je peux voir, c'est le sommet de sa tête familière et ses mains, familières elles aussi.
Il lève la tête. Il a l'air... différent. L'image que j'ai gardée de lui durant les dix dernières années change, se développe, se fond sur son visage actuel, plus âgé. Je vois sa barbe naissante sur ses belles joues fines. Ses cheveux sont plus courts et les lignes nettes de ses pommettes et de sa mâchoire ne sont plus aussi sévères que par le passé. Mais ses yeux, quand ils rencontrent les miens, sont exactement les mêmes. J'ai aussi déjà vu cette expression. Je l'ai vue la première fois qu'il m'a regardé sur les marches ce jour-là. Je me souviens  très clairement : je l'ai regardé, et lui également, et quelque chose s'est passé. Un soubresaut. La peur. L'attraction. La peur de l'attraction.
À l'époque, le choc lui avait fait écarquiller les yeux, et maintenant également. Pendant un instant, je peux voir l'adolescent sur le visage de l'homme. Pendant un battement de c½ur, il me laisse voir en lui. Puis quelque chose de nouveau glisse sur son visage. Je pense que c'est la distance, mais je ne peux pas en être sûr. Je ne l'ai jamais vu distant avant.
Puis il se redresse et contourne la table. Maintenant, c'est à mon tour d'être choqué. Il est grand. Quand il arrive près de  moi, je dois lever un peu les yeux pour le regarder en face. En fait, il est encore plus grand que moi maintenant. Ses épaules étroites se sont développées, à la mesure de ses coudes et genoux. Il a l'air... en forme.

Il me tend la main, sourit.
Tu n'as pas changé du tout, dit-il.
Je prends sa main, la serre une fois, deux fois. Même elle semble plus puissante, plus grande. C'est un homme maintenant.
Toi si, je laisse échapper.
Il rit.
Nous ne finissons pas tous notre croissance à seize ans,  répond-il.

Puis il fait un geste vers mes cheveux.
Qu'as-tu fait ?
Je passe une main contrite dans mes cheveux courts.
J'en ai eu assez, lui dis-je.
Assez des femmes qui m'en parlaient, voulant les toucher. Je n'ai jamais voulu les mains de personne... d'autre... dans mes cheveux. Donc je les ai coupés.
Tu es enseignant ? je lui demande.

Je suis un peu stupéfait, pas seulement de le trouver ici, mais de tout ce truc de 'M. Styles'. Je me souviens de lui comme du gamin qui avait besoin d'un coup de main pour passer par-dessus la barrière de la station d'épuration des eaux usées.
Non. Ce n'est plus le gamin. Ce n'est plus du tout un gamin.
Il sourit à nouveau et, comme ses yeux, son large et franc sourire est le même. Voir le mélange de familier et d'inconnu me déséquilibre intérieurement et je dois me concentrer pour entendre ce qu'il dit, et pas seulement me perdre dans les choses que je reconnais ses yeux et sa bouche.
  Ouais, difficile à croire, je sais. Grimsley a été transféré pour s'occuper des classes avancées et il est maintenant chargé de la publication de l'album de promotion, et me voilà moi, à bosser sur le Daily Wildcat, dit-il avec un haussement d'épaules.

Il y a une pause que je suis probablement censé combler, mais après une trop longue minute, il dit un peu plus bas :
Je me demandais si tu viendrais.
Un autre moment de pause, puis il ajoute :
Pour la réunion.

Je hoche la tête. J'ai quelques difficultés à mettre mes idées en parole. Il recule d'un pas, ce qui aide, puis retourne vers la table. Les élèves s'affairent tout à coup et le bruit qui augmente me fait réaliser le calme qui régnait pendant que nous parlions.
Nous sommes passés au tout numérique, dit-il. Jette un ½il.

Le journal du collège ne m'intéresse pas vraiment, mais je lui suis reconnaissant de combler le blanc gênant ; de sa tentative de faire comme si tout était normal. Le voir est... Je ne peux même pas le décrire. Je l'écoute alors qu'il me fait faire un rapide tour d'horizon du programme qu'ils utilisent aujourd'hui, me fait la démonstration des appareils photo numériques, du scanner récalcitrant. Et je dois faire des réponses appropriées. Mais en grande partie, je ne fais que le regarder la facilité avec laquelle il parle aux étudiants, son aisance dans son travail.
Il a toujours été à l'aise avec son corps. Maintenant, il semble intérieurement décontracté.
Harry a toujours été bien mieux organisé et plus efficace que moi.
Il parle depuis un certain temps maintenant, et je réalise au ton de sa voix que la dernière partie était une question, mais aucune idée de ce dont il s'agit.
Désolé, c'était quoi la question ?

Il nous a entraînés vers un coin éloigné, à l'écart des étudiants, où il était en train de me montrer le dernier des lecteurs  numériques. Il regarde au loin, se concentrant sur le clavier, et dit :
Je me demandais si tu pouvais avoir envie d'aller boire une bière avec moi plus tard ? À moins que tu rejoignes tes anciens camarades de classe ?
Non, non, je n'ai fait aucun plan, dis-je.
Gardes-tu le contact avec eux ? me demande-t-il. Oli et Calvin ?
oli et Calvin. Le connard et l'abruti.

Non, lui dis-je. Pas du tout.
Je pourrais en dire plus sur ce que je pense de oli et calvin, et de moi-même quand j'étais avec eux, mais pas ici. Peut-être que je pourrais lui dire plus tard. Il ne dit rien de plus, et je sais que c'est mon tour. Il a porté toute la conversation jusqu'à maintenant, et je ne lui ai jamais répondu, donc finalement je dis :
Une bière, ça me paraît bien.
Je suis sûr que j'imagine que ses épaules se relâchent un peu. Tout ce qu'il dit c'est :
Cool. Que dis-tu du Rocky ? Vers neuf heures ?

Le Rocky est un endroit sympa. Il est là depuis des siècles, mais ce n'est pas un endroit où la plupart des gens que nous connaissons iraient. Je suis surpris de la  facilité avec laquelle mon esprit se glisse dans ses réseaux furtifs, alignant déjà les excuses, se demandant ce que les gens penseront si nous sommes vus ensemble. Se demandant si les mémoires des gens sont longues.
Me demandant pourquoi, bordel, je me soucie toujours de ce que les gens pensent.
Louis ?
Il s'est tourné pour me faire face à nouveau, conservant toujours sa pose polie. Je déglutis.
Ouais, neuf heures. D'accord. À tout à l'heure.
Il hoche la tête, mais avant qu'il puisse dire quoi que ce soit d'autre, son attention est réclamée  par un étudiant et alors que je quitte la pièce, je l'entends dire :
Je pense que ça fonctionnera mieux si vous le mettez dans le bon sens.
Cela me fait sourire. Je peux entendre le ''crétin'' qu'il se retient de dire à haute voix.
Il semble que Harry ait appris la retenue après tout.



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ENFIN voila le troisième Chapitre 
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Bisous Bisous

 

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