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Bienvenue 24/03/2016


PROLOGUE
 
C'est la réunion décennale de l'université de Louis Tomlinson, et il n'a pas fait grand-chose de sa vie. Bien sûr, il est devenu un brillant avocat avec une belle voiture et un bel appartement, mais sa vie est vide, et Louis sait pourquoi. Dix ans plus tôt, ne se sentant pas prêt à accepter son homosexualité, il a laissé Un certain Harry Styles derrière lui.

Louis a passé dix ans à prétendre être hétéro – dix ans à repenser à ses erreurs. Mais l'éternité n'aurait pas pu le préparer à la réalité de revoir Harry. harry est plus grand, plus mature, plus séduisant que jamais, et toujours aussi homosexuel affiché et fier qu'il l'était dix ans plus tôt. Le temps n'a pas changé l'alchimie entre eux, et il semble que Louis puisse avoir une seconde chance. Tout ce qu'il a à faire est d'écarter les années de mensonges et d'embrasser une puissante vérité.
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Tags : Prologue . - Prevenus ♥

Chapitre 1 25/03/2016



                                                                                        CHAPITRE 1
 
 
Louis

Tout Commença le premier jour de ma dernière année à l'Université Caswell de Danesboro, Caroline du Nord, quand je posai les yeux pour la première fois sur Harry. J'étais là, tranquillement assis : très populaire, un peu dur à cuire, un sportif comparable à la traction avant d'une voiture de compétition. Pas le quarterback ou le meneur de jeu, mais certainement plus élevé dans la sphère sociale que n'importe quel étudiant de première année maigrelet pourrait jamais rêver l'être. Harry était mince et maladroit, tout en os et les cheveux long et Boucler. Il était à l'université depuis environ quatre minutes , il avait toujours son ridicule dossier d'orientation coincé sous le bras. La nervosité du premier jour était presque palpable dans la foule alors qu'il montait les marches de l'entrée principale du bâtiment que nous appelions tous 'Grand Hall', où la plupart des cours étaient dispensés.

En fait, je pensais avoir entendu quelqu'un m'appeler, raison pour laquelle je m'étais retourné pour regarder. Et il était là, le sac à dos pendant sur une épaule, le dossier rouge le marquant comme chair à canon pour les dernières années.


Nos yeux se rencontrèrent, et une sensation de bourdonnement, un étrange pic d'adrénaline, me toucha soudain. Ses yeux s'agrandirent et sa bouche s'ouvrit, et c'était juste un gamin, pas vrai ? Il avait quoi, dix-huit ans ? Dix-neuf peut-être ? Mais je ne détournai pas le regard. Je ne lui fis pas de croche-pied, comme Oli l'auraient fait. Je ne le bousculai pas en l'exhortant à respecter ses aînés et ne regardai pas non plus par-dessus lui comme s'il n'existait pas, comme nous avions l'habitude de le faire avec les étudiants de première année.
Tout cela pouvait être pardonné ; d'ailleurs, c'était à peu près ce à quoi tout le monde s'attendait.

Au lieu de cela, je le regardai attentivement, et lui de même.
 
Salut. Tu es Louis, non ? me dit-il.

Sa voix ne cadrait pas avec les os saillants de ses poignets et son balancement nerveux d'un pied sur l'autre. Elle était profonde, trahissant l'intelligence... et la confiance en soi. Une véritable contradiction.
 
Louis Tomlinson ?

Je hochai la tête.

Il me tendit la main comme si nous étions des adultes nous rencontrant au seizième trou d'un parcours de golf, comme s'il n'y avait pas deux cents étudiants s'écartant de nous comme si nous étions sur une île Déserte

Je suis Harry Styles, reprit-il, et ma main se trouva vigoureusement empoignée par ses longs doigts. -Je suis allé au lycée de Southern High moi aussi. Tu étais en dernière année alors que j'étais étudiant de première année.

Je suis désolé, dis-je. Je ne me souviens pas de toi.

Aucune raison que ce soit le cas, répondit-il. Je n'étais, disons, pas très grand à cette époque.
Louis Tomlinson, lui offris-je en guise de réponse.


Et là, je sentis la couleur envahir mes joues. Il avait déjà dit qu'il savait qui j'étais. Je mis ça sur le compte de ma propre nervosité du premier jour. De même que mes mains moites. J'eus plus de mal à expliquer la façon dont mon c½ur bondit dans ma poitrine, ou pourquoi je ne pouvais m'empêcher de regarder entre ses yeux et sa bouche.

Ce ne fut qu'un instant, rien de plus, mais cela mit quelque chose en mouvement qui finit par définir l'année entière. Bon sang, ma vie entière.



Mes souvenirs de dernière année ressemblent à quelque chose comme ça : aller en classe, avoir assez faim pour manger un ours, entraînements de course à pied en automne, compétitions, manger un peu plus, courir sur piste au printemps, sortir, étudier. Durant les week-ends, je buvais les samedis soirs, puis j'allais à l'église les dimanches matin, une dichotomie mineure comparée à l'autre partie de ma vie cette année-là : les rencontres avec Harry tard dans la nuit. Quand je pense à L'université , je pense au bruit dans les couloirs, les frappes de doigts sur les claviers et la façon dont la lumière filtrait au travers des fenêtres de la classe. Quand je pense à Harry, c'est toujours lié à la nuit tombée et à la chaleur, à la façon dont il retenait son souffle quand je le touchais, au glissement habile de sa langue. Lumière et obscurité. Je séparais les deux aussi complètement que je le pouvais.

Ces huit mois étourdissants de secrets et de découvertes connurent une fin abrupte quand mes deux mondes entrèrent en collision le vendredi soir qui suivit les examens finaux, juste avant la remise des diplômes. J'avais marché sur un fil très fin de septembre à avril, vivant une vie pour le monde – mes amis, mes professeurs, mes parents, mon avenir clairement tracé – et une autre en moments volés avec Harry. Qu'est-ce que cela disait de moi, le fait que ces quelques heures avec Harry étaient les plus heureuses de ma vie, mais que je ne pouvais me résoudre à le laisser entrer dans aucune autre partie de ma vie ?


Harry m'invita au cinéma. Comme, eh bien, un rendez-vous. Une demande assez simple, sembla-t-il penser.



C'est seulement un film, Louis, dit-il quand il me posa la question. Allez, tu es diplômé. Vis un peu.

Il ne comprenait pas. C'était exactement ce que je faisais, vivre un peu. Voler du temps, prendre quelque chose pour moi-même avant que le monde réel ne vienne frapper à ma porte. Chaque fois que nous trouvions une heure ou deux pour être ensemble, le monde s'illuminait, même dans l'obscurité.

Je lui répondis que j'avais d'autres plans, que je me rendais avec une bande de potes chez Oli Wright , une petite fête avant la remise des diplômes. Il me regarda attentivement et je pensais qu'il insisterait, mais alors je glissai ma main dans son dos, sous son tee-shirt, et cela mit fin à la conversation.

Mais il s'avéra que Oli et Calvin voulurent aller au cinéma eux aussi. Leurs copines avaient même organisé un rendez-vous pour moi – une Blonde avec de gros seins répondant au nom de Briana Jungwirth que je connaissais depuis la maternelle. Croyez-moi, si j'avais voulu sortir avec elle, j'aurais eu un tas d'occasions. J'ai suivi – qu'étais-je supposé faire d'autre ? Je lui ai même tenu la main pendant que nous faisions la queue dans la file d'attente du seul quadruplex de Danesboro. À neuf heures un vendredi soir, une foule se rassemblait et la file s'étirait le long du trottoir.

Et bien sûr, dans la queue, trois personnes devant nous, il y avait Harry, me tournant le dos. Il ne m'était pas venu à l'esprit qu'il viendrait seul parce que je ne l'aurais jamais fait moi-même en un million d'années. Mais c'était Harry tout craché, c'était le genre de gars qu'il était.


Quand il arriva au guichet et s'adressa au vendeur, sa voix porta.

Une place pour Creed .
Oli se pencha et parla assez fort pour que je voie les mots frapper Harry à la nuque.
Hé, qui aurait pensé que les pédés aimaient les films d'action ?
 
Mon dos se raidit, mais avant que je puisse dire quoi que ce soit, Calvin renchérit.
Peut-être qu'il veut se pencher pour Michael B. Jordan .

Tais-toi ! voulus-je direFerme ta gueule !

Mais alors, Briana plissa les lèvres.

Beurk, c'est dégoûtant. Ne me fais même pas imaginer ça.

Je regardais la scène alors que le rouge remontait de l'arrière du col de Harry jusqu'à la pointe de ses oreilles. Il se tourna et ses yeux se plissèrent sur Oli et Calvin , puis s'élargirent quand ils se posèrent sur moi, sur mon visage, puis sur ma main moite, serrant toujours celle de Briana .
 
Je voulus courir, mais j'étais comme pétrifié.



J'aurais dû m'interposer pour lui. Évidemment. Cela va sans dire. Bon sang, j'aurais dû le faire pour moi-même, parce que j'étais comme lui, exactement comme lui, seulement je n'avais pas les couilles de le dire. Je n'avais pas le courage. On s'était vus en secret pendant des mois parce que je ne pouvais me résoudre à l'abandonner. Mais je ne pouvais pas me tenir à ses côtés non plus et supporter le genre de brimades qu'il subissait chaque jour simplement parce qu'il se montrait sans prétendre être quelque chose qu'il n'était pas.

J'aurais dû faire quelque chose, mais je n'ai rien fait.

Je n'ai rien dit. Il n'a rien dit. Il est resté là une seconde, puis il est entré dans le hall du cinéma, l'arrière de son cou encore rouge, tandis que Oli et Calvin riaient de leurs blagues stupides.

Il m'attendait – les joues en feu, la bouche figée et les yeux enflammés – quand je suis entré dans le hall quelques minutes plus tard avec Oli et Calvin derrière moi.

Non. Juste... non. Rien de bon ne pourrait sortir de quoi que ce soit qui se passerait quand ce trio maudit serait réuni.

J'ai pris complètement à gauche et dévié de la file d'attente, tirant Briana avec un mot bref à propos d'aller chercher du pop-corn. J'ai ignoré Oli quand il cria.

Yo, Louis ! On te garde un siège.
 
Et j'ai ignoré la brûlure du regard de Harry dans mon dos.

Les couleurs vives au-dessus des comptoirs montrant d'énormes paquets de Skittles, de m&m's et de Kit-Kat devinrent floues alors que je les regardais, mon c½ur battant follement dans ma poitrine.

Puis, derrière moi, j'entendis la voix rauque et familière de Harry.

Tes amis sont des connards.

Il n'y avait rien à répondre à cela, mais je ne pouvais pas l'admettre tout haut. L'étalage de bonbons devint encore plus flou. Je clignai des yeux plusieurs fois et pris une inspiration.

Pourquoi ne m'as-tu tout simplement pas dit que tu venais avec eux ? Avec elle ? demanda Harry.

Mon c½ur battit sourdement à nouveau.

Ce n'est pas le moment, dis-je à travers mes dents serrées.
Pas le moment et pas l'endroit, pas devant tous ces gens. Ne pouvait-il pas voir ça ?

Quand, alors ? demanda-t-il.

Il avait dû faire un pas en avant, parce que j'aurais juré pouvoir le sentir contre mon dos, son souffle chaud sur ma nuque, quand il murmura :
Pourquoi ne peux-tu pas être avec moi ? Juste une fois. Louis...

— Tire-toi, grognai-je.

Je le pensais littéralement, physiquement, ici tout de suite. J'avais tellement peur et j'étais tellement en colère que je pouvais à peine respirer. Je me sentais pris au piège, effrayé de ce que les curieux verraient, certain que, d'une quelconque façon, ils sauraient ce qui se passait entre nous, que c'était écrit partout sur moi avec une sorte de marqueur indélébile invisible et pornographique. Mais je le pensais aussi au sens figuré. Je prenais ce que je pouvais avoir, pourquoi ne pouvait-il en faire autant ?


Silence.


Quand je trouvai finalement le courage de me retourner, il était parti.


Le film était à chier. Dans la rangée de derrière, Briana offrit de me faire une pipe, frottant ses seins contre mon bras, mais je refusai, probablement plus poliment que la façon dont je venais de rembarrer Harry.

-

Harry et moi n'avons jamais parlé de ça. Nous ne nous sommes jamais plus touchés non plus. C'était comme si tout cela n'avait été qu'un rêve, comme si je ne l'avais jamais tenu entre mes bras, jamais embrassé, jamais senti trembler, brûlant, sous mes mains.

Nous nous sommes croisés plusieurs fois l'un l'autre au cours des jours suivants, mais j'ai soigneusement évité le contact de ses yeux. Je savais ce que je verrais, la même déception que je voyais quand je me regardais dans le miroir.
Je sais maintenant que je le blâmais de ma propre défaillance. J'ai laissé la peur me définir. C'était la principale différence entre nous – il vivait sa vie de front, et j'ai fui au premier obstacle que j'ai rencontré.
Je fus diplômé une semaine plus tard et je déménageai à Richmond une semaine encore après ça. Je passai les six mois qui suivirent à étudier pour l'examen d'admission à l'école de droit comme si ma vie en dépendait, ce qui, je suppose, était le cas.
 
Mes parents pensaient que je m'étais – enfin – mis au travail.
Ils n'avaient aucune idée de la distance que j'étais prêt à parcourir pour fuir.


Et c'est ainsi que tout cela prit fin.
 
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Voilà Le premier chapitre !
                                                                 j'espère que ce premier chapitre vous a plu 
                                                                       N'hésitez pas a me laisser Vos avis ❤
Je vous invite à vous inscrire à la liste des prévenus Si vous voulez être prévenue de la suite 
❤ Bisous ❤

Tags : Chapitre 1

Chapitre 2 27/03/2016


CHAPITRE 2


Harry


FOUTAISES.
Écoutez, désolé de vous interrompre là, mais ce n'est pas comme ça que cela s'est passé. Je veux dire, oui, les faits essentiels  sont tous là dans le bon ordre, mais regardez la formulation qu'il utilise, le côté dramatique employé ici. Je suppose que si vous vouliez faire un saut dans le passé et le tourner de cette façon, vous pourriez. C'est ce que Louis a fait, manifestement. C'est juste que... je ne me souviens pas que cet épisode ait été aussi empreint de tourments. Vous voulez entendre ma version de l'histoire ?

Tout commença...
Attendez une seconde, je dois remonter un peu plus loin, parce que le contexte est important, et Danesboro – et l'Université de Caswell en particulier  ajoute une cargaison entière au contexte.
Vous avez entendu parler des États bleus et des États rouges, n'est-ce pas ? Eh bien, nous plaisantons que le seul bleu dans le 'Vieil État du Nord' est le Carolina Blue pour les Tarheels  et le Duke Blue pour cette autre équipe. Mais ce n'est pas tout à fait vrai 
nous avons des nuances de bleu, principalement là où se trouvent les grandes universités. Et puis, nous avons de grands et larges pans de rouge, là où se trouvent les églises surtout protestantes à chaque coin de rue, renouveau de mâts poussant comme des pissenlits au printemps, et vous trouverez beaucoup de noms de famille identiques dans les annuaires téléphoniques, car la plupart des habitants sont tous plus ou moins apparentés les uns aux autres.

Danesboro n'est pas une si grande ville, du moins pas géographiquement. Mais suffisamment pour subvenir aux besoins de l'Université de Caswell, du nom de Jonas Caswell, qui arriva d'Écosse dans les années 1800, construisit une usine d'engrais, et engendra quatorze enfants  sept avec une femme, sept avec une autre après l'épuisement de la première. Il se retournerait dans sa tombe si quelqu'un venait à dire de lui qu'il était un philanthrope.

La vérité, c'est qu'il donna de l'argent pour lancer l'université afin de s'assurer que l'usine n'ait pas seulement toujours des travailleurs de première main  qui avaient à peine besoin d'une éducation supérieure – mais aussi des gestionnaires qui perpétueraient son travail éthique. Non pas qu'il aurait formulé la chose de cette façon, mais c'était son intention. Oh, et il voulait que ses quatorze enfants restent là, à Danesboro, et pas qu'ils aillent se balader à Charlotte ou Raleigh ou l'une de ces autres citadelles du péché et de débauche.

J'y vais probablement un peu fort sur l'Oncle Jonas. Oui, je suis un Cox du côté de ma mère. À Danesboro nous comptons beaucoup de Cox et de Horan, Styles, Wright, payne, et Tomlinson, eh oui, un Louis Tolinson,

La vie d'une petite ville peut être difficile pour les gens qui sont... disons différents. Si vous êtes un jeune homme, par exemple, qui atteint l'âge de quatorze ans et se réveille un matin gonflé de testostérone, et que vous réalisez que vous n'en avez rien à faire des filles que vous êtes censé remarquer à l'école et qu'à la place vous passez autant de temps que possible à observer votre personne idéale, plus âgée, qui s'avère être un mec, eh bien, c'est un problème. Alors que j'aurais dû étudier l'algèbre, l'économie mondiale et l'anglais, je mémorisais à la place l'emploi du temps des cours de Louis Tolinson et réussissais à me trouver là où j'aurais la possibilité de le voir plusieurs fois par jour. Oui, je l'ai peut-être un peu traqué, d'une façon assez puérile.

Puis il obtint son diplôme et alla à l'université, de l'autre côté de la ville, mais qui aurait tout aussi bien pu se trouver sur la lune. Alors je me suis mis sérieusement au travail et j'ai appris tous ces trucs de facteur X
Je donne à mes parents tout le crédit qu'ils méritent pour avoir bien accepté mon coming-out. Vous avez vu les histoires, vous connaissez les statistiques. La vie n'est pas facile pour les enfants homosexuels, et certains
d'entre eux ne s'en sortent pas. Moi si. Je l'ai fait. Mais je n'aurais pas pu le faire tout seul.

- Maman, je crois que je suis gay, lui ai-je dit au petit déjeuner,

 
le matin suivant la remise de mon diplôme d'études secondaires.
La nuit précédente, pour cette occasion, j'étais allé à la fête qui avait lieu au parc d'attractions de Charlotte, le Carowinds, et je m'étais effondré à la maison vers quatre heures du matin, en portant toujours mes vêtements. Je rampai hors du lit quatre heures plus tard et me traînai vers le comptoir de la cuisine, espérant qu'il puisse y avoir là une gaufre sèche pour moi. Peut-être que ce fut la fatigue qui parla, mais je n'en pouvais finalement plus de tout garder pour moi. Je savais depuis, quoi, quatre ans que j'étais homosexuel à cent pour cent, de sorte que le 'je crois ' fut principalement conçu pour adoucir le choc pour ma pauvre maman.

Je décidai de commencer avec elle parce qu'elle était celle dont je m'inquiétais le plus. Mon père est l'homme le plus facile à vivre que je connaisse. Je pense que cela est dû au fait qu'il enseigne l'histoire à la fac depuis vingt ans  il est large d'esprit, possède une perspective unique, et cela semble le rendre plus serein vis-à-vis des emmerdes du quotidien que la plupart des gens. Il serait facile à convaincre ; maman, je n'en étais pas aussi sûr.
Elle prit son temps pour répondre, dosant avec soin le café dans la machine et le regardant commencer à s'écouler dans le pot.

-Qu'est-ce qui te fait penser ça ? Demanda-t-elle


une fois que le café fut passé, son odeur de guimauve brûlée emplissant la cuisine. Je pouvais voir sa main trembler légèrement alors qu'elle se versait une tasse.
Hum, dis-je. Eh bien... euh...

Bon, j'ai dit que j'étais fatigué ; je n'avais pas beaucoup réfléchi au-delà de la déclaration initiale.

- Je n'aime pas les filles. Je veux dire, je ne les aime pas, dis-je, après une autre minute embarrassante.
Est-ce que je me débrouillais bien avec les mots ou non ?

- Y a-t-il quelqu'un de spécial que tu aimes ? demanda-t-elle en posant sa tasse sur le comptoir, l'éclaboussant d'un petit peu de café. Elle semblait s'armer d'un peu de courage.

Un garçon, je veux dire ?
La question à un million de dollars.
Oui, il y a un garçon que j'aime. Mais il est hétéro, et il est à l'université, et je ne lui ai même jamais parlé, donc ce n'est pas à  propos de ça. À propos de lui. C'est à propos de moi.

Nous étions tous les deux aussi rouges que des betteraves à ce moment-là. Que Dieu m'aide si elle décidait qu'elle devait entamer 'La Discussion' à nouveau, cette fois à propos de l'utilisation de lubrifiant – qui ne soit pas à base d'huile – avec des préservatifs et de l'importance tactique de la prostate.
Eh bien... c'est..., dit-elle.
Comme vous pouvez le constater, j'ai hérité mes talents oratoires de ma mère. Elle s'éclaircit la gorge, puis reprit.

Je suis désolée. C'est dommage.
Avant que mon c½ur ne puisse s'écraser à mes pieds, elle continua de parler tout en essuyant le café renversé avec une serviette en papier.
S'il ne ressent pas la même chose, c'est dommage. Il rate quelque chose.

Vous voyez ce que je veux dire à propos du crédit que j'accorde à mes parents ? Il s'agissait de ça pour Maman. Papa, d'un autre côté, fut celui qui bégaya les explications à travers une présentation clinique des complexités potentielles du sexe anal en me les exposant avec des préservatifs et du lubrifiant qu'il avait dû acheter au Walmart d'Asheboro, parce que pour rien au monde il ne serait allé à la pharmacie des payne pour les obtenir. Et, ouais, il le savait depuis un moment, m'avoua-t-il plus tard, et avait attendu que je prenne les devants sur le sujet.

J'aime mes parents.
Si ma mère eut des problèmes avec ses amies cet été-là, je ne le sus jamais. Si les collègues de papa à Caswell lui lancèrent des regards douteux, il ne m'en parla jamais. J'ai dit à mes copains de lycée que j'étais gay, mais la plupart d'entre eux s'en allèrent dans d'autres universités de sorte que cette partie fut en fait assez facile nous suivions tous nos propres voies. Avec la bénédiction de mes parents et leur soutien inconditionnel, je suis allé à l'Université de Caswell ce mois d'août là en tant qu'étudiant de première année  ouvertement gay. Certainement pas le premier étudiant gay de l'école, mais peut-être le premier n'ayant pas la volonté de le nier. J'allais changer le monde, ou du moins notre petit coin de celui-ci.
J'avais de grands projets, je voulais mettre en place une Alliance Gay-Hétéro, je voulais offrir mes services comme DJ pour des soirées étudiantes et passer plein de Shakira et ColdPlay. Si je voulais porter de l'eye-liner, eh bien par Dieu, je porterais de l'eye-liner. Si je voulais tenir la main du garçon mythique de mes rêves, j'étais sacrément prêt à le faire.

C'est alors que je suis sorti de Grand Hall ce matin-là, levé les yeux, et aperçu l'arrière de la tête de Louis Tomlinson. Je la connaissais mieux que la mienne. Dieu savait que je l'avais assez observée pour ça. Presque comme s'il avait pu sentir mon regard laser balayer l'arrière de sa magnifique tête, il se retourna et regarda droit vers moi.

Dans toute ma gloire maladroite, je me suis dirigé vers lui et me suis présenté. Il était encore mieux que dans mon souvenir. Il avait toujours eu de superbes cheveux Bruns se mouvant en Mèche épaisse. Cela n'avait pas changé. Je voulais enfouir mes  doigts dedans. À la place, je lui ai tendu la main pour qu'il la serre, aussi sûr de moi que je l'étais toujours. Faisant totalement semblant, en d'autres termes. Vous voyez, c'est la partie où je pense que Louis avait tort. Il pensait que j'avais toujours eu cette confiance, alors qu'en réalité, c'est lui qui me l'a donnée.

Je l'avais désiré pendant si longtemps – près d'un tiers de ma vie consciente. Et maintenant, quatre ans plus tard, alors que je le  regardais, il me regardait lui aussi. Il me serra la main, me parla. Il me demanda si je voulais le retrouver à l'Atrium pour le déjeuner afin d'avoir quelqu'un avec qui m'asseoir. Il ne vous a pas raconté cette partie, n'est-ce pas ?

Eh bien, c'est ce qu'il a fait. Il m'a pris directement sous son aile d'un mètre soixante douze et m'a présenté à quelques-uns de ses copains. Et alors, ses branleurs d'amis,
les futurs ouvriers de l'usine d'engrais, lui dirent que j'étais gay, juste-là par-dessus les plateaux du déjeuner. L'un d'entre eux, je ne me souviens pas si c'était Oli ou Calvin  honnêtement, ce sont des  noms affreux, mais c'est comme ça que tout le monde les appelait  annonça que sa mère l'avait entendu de Ashley jungwirth, qui jouait au tennis avec trisha malik, qui était la coprésidente du Cercle des Femmes Presbytériennes... avec ma mère.

Je l'ai avoué. Je m'étais tu pendant quatre longues années de lycée, mais c'était fini tout ça.

Ouaip, c'est vrai, dis-je.

Je m'assis bien droit sur ma chaise et frappai légèrement sur la table, parce que j'étais sur le campus depuis seulement quatre heures et je n'allais certainement pas faire marche arrière pour mon tout premier jour.
Je suis gay.

Ce fut la dernière fois que je déjeunai avec oli et calvin. Louis réussit à venir à bout de son sandwich, sans empressement, mais je n'ai plus jamais déjeuné avec lui non plus.
   -

 < Hé, vous saviez qu'en vous aventurant par ici cela ne se déroulerait pas en douceur, pas vrai ? Et pour mes plans de changer le monde, me demanderez-vous ? Quand j'ai dit 'Alliance Gay-Hétéro', vous ne vous doutiez pas que cela voulait dire baiser en secret avec un mec hétéro, mon engagement envers l'extériorisation fondant en une flaque d'amour. Mais ne vous inquiétez pas. Ça va s'arranger. >

Parce que même si les Wright et les rodgers ont élevé des générations d'enfants à l'esprit étroit et de bigots ouvertement hostiles, les Tomlinson n'étaient pas aussi enferrés dans le Paléolithique. Quand nous  passions l'un l'autre dans la cour, Louis me saluait toujours.

Il ne m'écartait jamais de son chemin comme quelques-uns des dernières années le faisaient. Lorsqu'une fois j'ai oublié mon livre de biologie dans le vestiaire des hommes après l'entraînement de natation, il est venu me trouver en classe pour me le rendre. Je crois qu'on pourrait dire qu'il était civil.

Quand j'y repense, je comprends que c'était sa façon de faire un pied de nez à ses pairs. C'était son propre petit pas, être sympa avec le garçon gay. Je m'imprégnais de chaque minute de l'attention qu'il  m'accordait et autrement je l'observais de loin, comme je l'avais toujours fait.

C'était familier, confortable même, d'apprendre ses habitudes et ses tics. Je l'étudiais comme un livre,
avec un degré d'objectivité que j'ai plus tard attribué purement et simplement au manque de connaissance intime que j'avais de lui, ce qui pourrait expliquer pourquoi, quand il est finalement venu vers moi dans le vestiaire des hommes  moi en retard à cause de la natation, lui arrivant en avance pour l'entraînement de course,  plongés comme nous l'étions dans  nos mondes résonnants de solitude, j'étais plus choqué qu'autre chose.
Il me toucha l'épaule, nue parce que je venais de sortir de la douche et d'enfiler un jean et que je n'avais pas encore mis de tee-shirt. Quand je me suis retourné pour le regarder, il s'est penché et m'a embrassé. Je me souviens que son souffle était chaud et erratique. Il avait le goût du chewing-gum à la cannelle et ses lèvres étaient gercées. Je me souviens d'avoir renversé la tête en arrière, de m'être cogné contre mon casier, et de la façon dont il avala mon halètement de surprise. Je vois la scène en photos dans ma tête. Pas une vidéo, des instantanés.

Nous avons fini par baiser tout habillé  sans pour autant aller jusqu'au bout  contre le mur derrière les douches. Je me souviens très bien de l'urgence de ses hanches poussant contre les miennes, tellement contradictoire avec l'expression de son visage, comme s'il n'arrivait pas à croire que cela se passait vraiment. Je n'avais aucune idée de ce qu'il voyait sur mon visage, mais très certainement la même chose.
Vous pourriez penser que ce dont je me souviendrais
 serait d'avoir eu un orgasme provoqué par autre chose que ma propre et maintenant experte  main droite. Mais ce que je n'oublierai jamais, c'est la caresse de ses cheveux contre mon cou quand il laissa tomber sa tête sur mon épaule, et le gémissement de plaisir qu'il laissa échapper contre moi.

Cette première fois fut la seule où nous nous sommes touchés sur le campus. Nous avons trouvé des tas d'autres endroits où aller, y compris le parking derrière l'association des Vétérans de Guerres à l'Étranger, déserté tous les soirs sauf le mercredi, et une grange en  ruine le long de la County Road 48. Mais la vieille station d'épuration désaffectée devint notre repaire favori, avec ses tunnels et ses coins sombres. Je me fichais de l'endroit où nous allions parce que son toucher me transportait.

Cliché, hein ? Mais bon, ça reste la vérité.
Pendant une année universitaire entière, je l'ai aimé avec l'équivalent de quatre ans de passion refoulée. 
À la fin, pourtant, ce n'était pas suffisant,

et cela voulait peut-être dire que ça n'avait rien était d'autre qu'une toquade passagère en fait. Les idoles aux pieds d'argile, et tout ça. J'attendais plus de lui que ce qu'il était prêt à donner. Je l'ai poussé. Je voulais qu'il me reconnaisse... qu'il nous reconnaisse. Il était diplômé, alors je pensais, quelle différence cela fait-il ? Pourquoi ne peut-il révéler publiquement ses préférences ? Pourquoi ne pourrions-nous pas être ensemble dans un endroit qui ne sentirait pas la moisissure ou la bouse de vache ? Je ne pouvais pas voir au-delà mes propres besoins tout à fait justifiables.

Je lui ai demandé de sortir avec moi, un rendez-vous, attendant délibérément jusqu'à ce que nous ayons fini toutes nos compétitions sportives, jusqu'à ce que ses examens soient terminés et qu'il puisse souffler jusqu'à la remise des diplômes. Tout ce que nous avions fait, nous l'avions fait en cachette. Mais cette fois-ci, je voulais qu'on sorte ensemble, comme un vrai couple. Je pensais avoir été assez patient, franchement. J'avais accédé à chacune des requêtes qu'il avait faites. Il ne voulait pas de moi pendant ses  courses ? Très bien. Il ne voulait pas venir à mes compétitions de natation ?
Bon, d'accord, peu importe.
Je voulais juste cette seule nuit. Lui et moi, et Michael B Jordan vêtu d'un Short De Box Anglaise, Dieu le bénisse. Qui pouvait refuser ça ?

Louis Tomlinson, voilà qui. Oh, il est allé au cinéma, mais pas avec moi. Non, il s'est montré pour la séance à laquelle je l'avais invité avec une fille qui avait la plus grosse poitrine que j'avais, personnellement, jamais vue. Oh, et ses branleurs d'amis. Ne les oublions pas.


Je ne vais pas vous mentir
 ça m'a foutu en rogne. Je me suis approché de lui, de sorte que personne ne puisse m'entendre, et j'ai insisté pour avoir une réponse. Il m'a envoyé balader, me demandant de me tirer. C'est ce que j'ai fait. J'ai finalement réalisé, juste-là dans la file avec tous ces gens qui attendaient pour acheter des sodas hors de prix et des pots de pop-corn gigantesques, qu'il n'y avait tout simplement aucun intérêt à poursuivre notre relation. À le poursuivre lui. J'avais perdu mon envie de voir Creed, et je savais très bien que Louis ne voudrait pas que je vienne regarder le film avec lui et son rendez-vous excessivement mammaire. Je soufflai ma frustration dans le col de mon tee-shirt et quittai ensuite le cinéma, tendant mon billet à un gamin qui attendait d'accéder au guichet dehors dans la file. Je pensais que quelqu'un devrait arriver à apprécier Michael B Jordan dans toute sa gloire.

Le mot de la fin ? Louis Tomlinson ne pouvait pas faire son coming-out. Il n'était pas encore prêt.
Pour ce que j'en savais, il ne le serait jamais.

 
Et ça m'a fait chier, vraiment, sévèrement fait chier pendant des semaines. La plupart du temps, il m'évitait, et les rares fois où je l'ai vu avant la remise des diplômes, il me croisait comme s'il ne me voyait même pas. Et alors, juste au moment où je déduisais mentalement combien j'avais été injuste de faire pression sur lui quand il m'avait fallu quatre foutues années pour avouer mon homosexualité à mes parents, alors que je savais combien il était difficile d'être différent dans une ville où chacun était lié à pratiquement tout le monde, il était parti. Simplement... parti. À Richmond, entendis-je dire via le téléphone arabe de Danesboro. Pour faire l'école de Droit.
 

Louis Tomlinson. Mon premier coup de c½ur. Mon premier amant. Mon Premier Amour. Je repense avec tendresse et une pointe d'exaspération à cette exaltante et ridicule année que nous avons passé à être occupé dans l'ombre et à nous observer l'un l'autre à la cafétéria, mais je ne serai jamais désolé que cela soit arrivé.

Ce que Louis fit me rendit plus certain que jamais que je ne pouvais pas vivre un mensonge. Je ne pouvais pas prétendre être quelqu'un que je n'étais pas. Je ne pouvais pas me couper en deux. Vous voyez ce que je veux dire ? Je n'ai pas commencé ma première année d'étude avec une confiance débordante, mais je l'ai finie de cette façon.

J'ai dépassé cette histoire, je l'ai dépassé lui, et continué avec ma vie.
Mais je me suis demandé, de temps en temps, ce qu'il avait fait avec la sienne.

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Voila Le deuxième Chapitre
Enfin C'est Plutôt Encore Un Flash-Back Mais Du Point De Vue De Harry cette fois
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Voila Voila
Bisous

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Chapitre 3 11/04/2016


                                                           

                                                              CHAPITRE 3

Louis
 
 

JE COURS toujours.
J'ai couru toute ma vie. Ma mère m'a dit une fois que mes premiers pas étaient en fait un galop hésitant à travers le jardin. Cependant, je ne cours avec un but que depuis les, oh, seize dernières années ou presque. Dès que j'ai eu le choix entre le football et l'athlétisme en première année de lycée et que j'ai décidé que la course serait moins de travail. Quand j'ai commencé, je ne savais pas ce que cela viendrait à signifier pour moi  J'avais l'habitude de courir pour gagner. J'adorais le fait de me jeter sur la ligne d'arrivée. Je ne sentais jamais mon propre poids jusqu'à cet instant-là, jusqu'à ce que ce soit terminé. Alors seulement, je me demandais par quel miracle j'étais arrivé si loin, si vite, quand chaque pas qui n'avait pas d'importance semblait pouvoir me briser – tremblant, irrégulier, lourd comme du plomb, comme si mon corps ne connaissait qu'une vitesse et ne voulait jamais ralentir, ne voulait jamais s'arrêter.
 

Aujourd'hui, je ne cours plus pour gagner. Je ne l'ai pas fait depuis que j'ai été diplômé de Caswell et réalisé qu'à l'Université de Droit de Richmond, tout le monde  se foutait du sport auquel vous jouiez avant dans votre insignifiante petite université. Franchement, je n'ai jamais eu à regarder la nuque de quelqu'un d'autre devant moi, à sentir le sable, rejeté par leurs talons, me piquer les jambes. Mais gagner n'était pas la seule raison pour laquelle je courais. La meilleure chose à propos de courir... la beauté de tout ça... c'est que la seule personne que je doive vraiment battre, c'est moi.

Mon meilleur temps. Ma foulée la plus fluide. Mon rythme le plus rapide ou ma plus longue distance. Je n'ai pas vraiment besoin de plus de concurrence que moi-même. Non, je peux très bien me battre moi-même. Donc, je ne cours plus en équipe ou sur piste. Je cours dans les rues, en esquivant les flaques d'eau et les passants. Je cours dans le parc, à travers les bois, portant les écorchures sur mes jambes comme des tatouages. Je cours tous les matins, qu'il pleuve ou qu'il fasse beau.
Toute ma vie, j'ai couru.
 

J'ai couru de Danesboro à Richmond, et de Richmond à Washington, D.C. J'ai fui la Bible Belt comme si le diable lui-même était à mes trousses et je me suis précipité vers la grande ville.
Je me suis éloigné du garçon que j'étais et de l'homme que Harry Styles voulait que je sois.

J'ai couru, sérieusement, pendant la moitié de ma vie, et ce dont je suis en train de me rendre compte maintenant, c'est que si ce que vous fuyez c'est vous-même, vous n'allez jamais très loin.


CE N'ÉTAIT pas vraiment une découverte foudroyante, mais pas loin. Elle arriva dans la boîte aux lettres, où je m'y attendais le moins. Une enveloppe vélin, un sceau familier. Il semble que nous ne recevions pratiquement plus de courrier de cette classe de nos jours. Tout est entièrement automatisé maintenant, entre Evites et PayPal. Mais quelques annonces  des faire-part de mariage, ou de naissance, ce genre de choses sont encore remises en mains propres, de pittoresques reliques de la façon dont les choses avaient coutume de se faire à l'époque.

Cette fois, l'épais papier crème n'exige pas de moi l'envoi d'un quelconque cadeau. Cette fois, il vient de l'Université de Caswell, claironnant la réunion décennale de la classe de 2015.
Dix ans. Cela fait dix ans. Et soudain, tous ces mariages auxquels je ne suis pas allé et ces bébés que je n'ai jamais vus me semblent... réels. Durant les dix années, depuis que j'ai quitté la maison, mes copains de classe sont allés de l'avant et se sont construit  des vies bien réelles. Se sont mariés, ont eu des enfants. Se sont installés.

Qu'ai-je fait, moi ? Changé d'état, fait l'école de Droit, puis déçu mon père encore en rejoignant une entreprise à Washington, D.C. dont il n'avait jamais entendu parler, au lieu de rentrer à la maison et de transformer son cabinet 'Tomlinson & Young' en 'Tomlinson's &Young '
Je me fiche du travail. Ça me donne quelque chose à faire et une bonne excuse quand j'en ai besoin tout le monde a connaissance des heures que les avocats ont en réserve, le déluge de travail. 'Excuse-moi, chérie, je suis sur une grosse affaire' peut me sortir d'à peu près tout ce que je ne veux pas faire. Ça me rappelle un peu la fac, quand tout ce que j'avais à dire à une fille était, 'Désolé, le coach nous entraîne très dur en ce moment'.

Durant le temps qu'il fallut à la plupart de mes anciens camarades pour rencontrer des filles, les épouser et passer leur lune de miel à Cabo, je suis sorti avec une succession de femmes grandes et minces aux cheveux sombres et courts qui pensaient que j'étais chevaleresque parce que je les sortais et les ramenais ensuite jusqu'à leur porte avec un baiser. Je les aimais elles étaient toutes intelligentes et drôles et j'appréciais leur compagnie. Parfois, quand je ne pouvais opposer aucune raison de ne pas le faire, j'avais des relations sexuelles avec elles. Et si je les faisais se retourner et les prenais par-derrière, je pouvais même jouir.

Je ne suis jamais resté avec aucune d'elle très longtemps.
Et je ne suis jamais sorti avec aucun homme ni même entré en contact avec l'un d'eux. Pas une seule fois. Je vois des homosexuels tout le temps D.C. en est rempli. Mais je n'ai jamais rencontré un homme qui semblait en valoir le risque. Cela aurait été vraiment stupide de me dévoiler pour un étranger alors que j'avais déjà abandonné quelqu'un auquel, en fait, je tenais. Plus facile de rester caché, à vivre dans les standards de la normalité, que de passer par là encore une fois. Les yeux fixés sur l'invitation, avec sa formule polie 'merci de votre réponse', je réalise que j'ai couru sur place pendant tout ce temps. Je n'ai rien accompli.
Peut-être que si j'y vais, si je confronte les fantômes de tout ce que je ne peux me résoudre à admettre, les rappels précis des choses que je suis censé vouloir, quelque chose changera. Je serai soit capable de tenir bon et de tout avouer, soit je laisserai finalement tomber et accepterai la vie que mes parents veulent que je mène et que mes amis supposent être un don.

Je pense qu'il est temps de rentrer à la maison.
Temps de découvrir qui je serai quand cette délicate première étape se présentera ; temps de voir si je peux soutenir mon propre poids quand je ne suis plus en train de courir.


JE SUIS devenu très bon pour ne pas penser à Harry Styles. Je l'ai enterré aussi profondément que j'ai pu, ce qui n'est jamais suffisamment assez loin.

Je ne nage plus du tout, par exemple. Harry nageait pour l'équipe de Caswell cette année-là. Sa spécialité était la nage libre et le dos crawlé, et bien que je ne pense pas qu'il ait gagné la moindre compétition, il s'est qualifié pour plusieurs rencontres universitaires de niveau national et a tenu la distance face à des nageurs d'écoles plus renommées.

Entre course de fond à l'automne et sur piste au printemps, j'étais complètement débordé. Et puis, pendant mon temps de repos en hiver, il nageait. J'avais mes activités et lui les siennes, mais nous nous organisions du temps pour être ensemble entre nos différentes occupations.
J'avais l'habitude de le regarder s'entraîner, me disant que les sièges spectateurs de la piscine représentaient un endroit idéal et calme pour étudier. En vérité, la seule chose que j'étudiais était son corps mince fendant l'eau, une longueur parfaite de peau pâle ses tatouages et de muscles affinés par la natation. D'une certaine manière, toute cette peau semblait indécente ou peut-être était-ce ma réaction à cette vision qui forçait les limites de la décence. L'odeur du chlore me fait bander encore aujourd'hui.
Je le vois encore, parfois, dans les omoplates saillantes de quelqu'un, dans une mèche de cheveux Boucler entraperçue dans le métro, au moment où la personne se détourne. Une pommette capte la lumière dans un restaurant et me piège. De simples moments  fugaces qui tranchent dans le vif, esquivant les os, perçant profondément.

Mais je réussis, jour après jour, à ne pas penser à lui directement.
Donc l'embardée que fait mon c½ur alors que je conduis en direction de la ville me surprend. Je ne peux pas la confondre avec autre chose. Cet organe-là n'a jamais répondu qu'à une seule personne de cette façon, immédiate, instinctive, totalement incontrôlable.
Je rappelle à mon c½ur qu'il ne s'agit pas de retrouvailles avec Harry. Il était trois ans derrière moi à l'université et se trouve maintenant très certainement à de nombreux kilomètres de là. Il est probablement dans les Corps de la Paix au Mozambique ou en train d'écrire une sitcom pour NBC ou quelque chose du même genre. Ceci ne concerne pas Harry. Il s'agit de moi.
Bien sûr que cela le concerne, me rétorque mon c½ur.
Cela n'a rien à voir avec lui
.
Je ne pense pas qu'aucun de nous ne soit vraiment dupe.
Je suis arrivé un jour en avance. Je me suis levé aux aurores et j'ai traversé les embouteillages du vendredi matin pour me rendre de l'autoroute 95 à la 85. En moi-même, je me suis dit que c'était pour pouvoir passer plus de temps avec mes parents que je vois de moins en moins à mesure que les années passent, et jamais chez eux de surcroît. Mais bon, si je ne suis pas capable d'affronter ce retour, je peux tout aussi bien repartir, et personne n'en saura rien. Si le simple fait de me garer dans la rue principale un vendredi après-midi fait presque jaillir mon c½ur hors de ma poitrine, cela pourrait même être une bonne idée.

Descendre le tronçon de quatre blocs du centre-ville de Danesboro jusqu'au cinéma envoie un frisson le long de mes bras, jusque dans mon cou. Comparée à DC, ou encore à Richmond, Danesboro ressemble à une ville miniature, et l'université, nichée tout contre le quartier des affaires, semble encore plus petite.
Quand j'y repense, c'est un miracle que nous ayons réussi à nous en sortir aussi bien que nous l'avons fait. Nous n'étions pas exactement prudents, pas vrai ? Ce qui est vraiment choquant, c'est le temps qu'il a fallu à tout ce château de cartes chancelant pour s'écrouler. Je ne sais pas si je peux faire ça. Je ne suis pas sûr d'être assez fort. Je n'étais pas assez fort à l'époque, et rien de ce que j'ai fait depuis me fait penser que j'ai gagné un quelconque nouvel élan.

Je réfléchis probablement trop à tout ça. C'est loin d'être LA scène  de l'Apocalypse, et peu importe si cela y ressemble exactement. À cet âge, nous faisons plus de choses que nous ne le devrions, n'est-ce pas ?
Était-ce vraiment si mal ?
L'était-ce ?

Je dépasse le guichet du cinéma multiplex où j'ai vu Harry cette nuit-là, attiré ici par une étincelle résiduelle en moi qui m'affecte toujours et qui apprécie l'ironie. La profonde inspiration que je prends me rappelle que mon c½ur est toujours en train de battre la chamade.
Ce n'est plus la peine de le rejeter maintenant, de détourner les yeux du visage que je peux toujours évoquer avec une clarté absolue. Dans mon esprit, il a toujours dix-neuf ans les membres dégingandés et la peau lisse, les os saillants et les lèvres douces, les yeux brûlants, les épaules étroites et l'humour acéré, son propre besoin en lutte avec le réconfort qu'il offrait toujours.

Je l'aimais. Et je n'ai jamais connu personne qui m'effrayait de la façon dont il le faisait. Il m'ébranlait, me prenait ce que je connaissais, me montrait ce que je voulais vraiment, et m'en donnait alors le prix : je devais admettre les choses. Je savais que je ne pouvais pas le faire. Que je ne pouvais pas l'avoir, lui. Pas à voix haute, pas en public.

Je l'ai blessé parce que j'avais peur. Parce que je n'étais pas fort comme lui. Parce que je n'avais aucune fichue idée de qui j'étais ou de comment obtenir ce dont j'avais besoin. Parce que je ne pouvais imaginer être celui qu'il voulait que je sois.
À vingt-deux ans, je voulais tout, et ce que j'ai appris à trente-deux, c'est que je ne peux pas tout avoir. De la manière dont je fais les choses actuellement, je n'aurai rien. Malgré les nombreuses choses dont je ne suis pas sûr, je sais quand même ceci : je ne peux pas vivre le reste de ma vie comme j'ai vécu les dix dernières années. Il faut que je possède quelque chose de bien à moi, quoi que ce soit. Je ne peux pas continuer à me cacher sous la surface de ma vie trompeusement attrayante. Je ne peux pas... je ne peux tout simplement pas continuer de courir
.
Donc, je suis là. Le premier pas est fait. Je suis là, où je l'ai aimé, le faisant consciemment remonter à la surface, pensant à lui, laissant Harry m'imprégner complètement. Contre ma volonté et mes intentions, il est là en moi.
Je mets les mains dans mes poches et me remets à marcher pour me diriger vers Grand Hall sur le campus.

 C'est bien que je sois là. Peut-être que je peux exorciser ce fantôme une fois pour toutes.
Peut-être que je découvrirai que, oui, c'était une crise d'adolescence. Pas plus mal, en fait. Du passé. J'ai probablement bâti plus dans mon esprit que je ne l'aurais dû. Si je lui avais parlé cette nuit-là au cinéma, au lieu de l'envoyer balader, ou si j'avais eu assez de courage pour dire à Oli et Calvin et à la stupide Briana que ce qu'ils disaient était déplacé, nous aurions peut-être pu rester amis, et je n'aurais pas associé toute mon expérience universitaire avec ces quelques terribles minutes. Si j'étais revenu chaque année à Noël, si j'avais assisté à quelques  mariages et un ou deux baptêmes, cela n'aurait pas autant d'impact aujourd'hui. Ce ne serait probablement pas aussi... intense... que dans mon souvenir. Le temps a sûrement donné à tout ça une intensité qui lui manquait en son temps.
Je vais aller à cette réunion et me mêler aux personnes présentes, et tout sera parfait. Normal. Tout ira bien.


GRAND HALL n'a pas beaucoup changé. Ça sent encore le détergent pour sols et les chaussettes de sport. C'est calme à cette heure-ci : les cours sont finis pour la journée,  les étudiants dispersés entre leurs millions d'activités. J'entends un bourdonnement dans plusieurs des salles de classe alors que je passe devant elles des groupes d'étude, je suppose, ou des communautés d'étudiants occupés avec leurs différents clubs.
Il n'y a pas grand-chose à voir à cette heure de la journée un vendredi. Je retourne vers l'une des classes dans l'un des couloirs, essayant de me décider sur la manière de gaspiller quelques heures supplémentaires afin de ne pas les passer à devoir tenir une conversation guindée à la maison, quand j'entends retentir la voix d'un élève à travers une porte entrouverte.

M. Styles, le scanner ne fonctionne pas. Encore.
Le nom m'arrête. Je secoue la tête. C'est un nom assez courant à Danesboro. Cette pensée me fait imaginer qu'il pourrait s'agir du père de Styles, qui enseignait l'histoire quand j'étais étudiant ici, bien qu'il soit sûrement à la retraite maintenant. Je reste immobile derrière la porte.
Puis la réponse arrive, d'une voix que j'aurais reconnue parmi des centaines encore aujourd'hui, malgré son timbre profond.
Avez-vous essayé de l'allumer, Elizabeth ?
Personne n'avait la même voix que lui. J'avais été attentif toutes
 ces années, essayant de retrouver cette combinaison d'humour, de tendresse et de sarcasme chez d'autres. Je ne l'avais pas entendue jusqu'à présent. Le son sourd renvoyant sa voix dans mes oreilles est celui de mon c½ur qui affirme douloureusement je le savais ! Je savais qu'il était là. Il bat si fort que je peux le sentir dans ma gorge, et cela me fait tousser. Fort. Le bourdonnement en moi s'apaise.
Merde.

Il me faut une quantité étonnante de courage pour ouvrir la porte.
Harry se tient debout devant une table, courbé en deux, en train de pointer quelque chose à l'attention d'un élève. Tout ce que je peux voir, c'est le sommet de sa tête familière et ses mains, familières elles aussi.
Il lève la tête. Il a l'air... différent. L'image que j'ai gardée de lui durant les dix dernières années change, se développe, se fond sur son visage actuel, plus âgé. Je vois sa barbe naissante sur ses belles joues fines. Ses cheveux sont plus courts et les lignes nettes de ses pommettes et de sa mâchoire ne sont plus aussi sévères que par le passé. Mais ses yeux, quand ils rencontrent les miens, sont exactement les mêmes. J'ai aussi déjà vu cette expression. Je l'ai vue la première fois qu'il m'a regardé sur les marches ce jour-là. Je me souviens  très clairement : je l'ai regardé, et lui également, et quelque chose s'est passé. Un soubresaut. La peur. L'attraction. La peur de l'attraction.
À l'époque, le choc lui avait fait écarquiller les yeux, et maintenant également. Pendant un instant, je peux voir l'adolescent sur le visage de l'homme. Pendant un battement de c½ur, il me laisse voir en lui. Puis quelque chose de nouveau glisse sur son visage. Je pense que c'est la distance, mais je ne peux pas en être sûr. Je ne l'ai jamais vu distant avant.
Puis il se redresse et contourne la table. Maintenant, c'est à mon tour d'être choqué. Il est grand. Quand il arrive près de  moi, je dois lever un peu les yeux pour le regarder en face. En fait, il est encore plus grand que moi maintenant. Ses épaules étroites se sont développées, à la mesure de ses coudes et genoux. Il a l'air... en forme.

Il me tend la main, sourit.
Tu n'as pas changé du tout, dit-il.
Je prends sa main, la serre une fois, deux fois. Même elle semble plus puissante, plus grande. C'est un homme maintenant.
Toi si, je laisse échapper.
Il rit.
Nous ne finissons pas tous notre croissance à seize ans,  répond-il.

Puis il fait un geste vers mes cheveux.
Qu'as-tu fait ?
Je passe une main contrite dans mes cheveux courts.
J'en ai eu assez, lui dis-je.
Assez des femmes qui m'en parlaient, voulant les toucher. Je n'ai jamais voulu les mains de personne... d'autre... dans mes cheveux. Donc je les ai coupés.
Tu es enseignant ? je lui demande.

Je suis un peu stupéfait, pas seulement de le trouver ici, mais de tout ce truc de 'M. Styles'. Je me souviens de lui comme du gamin qui avait besoin d'un coup de main pour passer par-dessus la barrière de la station d'épuration des eaux usées.
Non. Ce n'est plus le gamin. Ce n'est plus du tout un gamin.
Il sourit à nouveau et, comme ses yeux, son large et franc sourire est le même. Voir le mélange de familier et d'inconnu me déséquilibre intérieurement et je dois me concentrer pour entendre ce qu'il dit, et pas seulement me perdre dans les choses que je reconnais ses yeux et sa bouche.
  Ouais, difficile à croire, je sais. Grimsley a été transféré pour s'occuper des classes avancées et il est maintenant chargé de la publication de l'album de promotion, et me voilà moi, à bosser sur le Daily Wildcat, dit-il avec un haussement d'épaules.

Il y a une pause que je suis probablement censé combler, mais après une trop longue minute, il dit un peu plus bas :
Je me demandais si tu viendrais.
Un autre moment de pause, puis il ajoute :
Pour la réunion.

Je hoche la tête. J'ai quelques difficultés à mettre mes idées en parole. Il recule d'un pas, ce qui aide, puis retourne vers la table. Les élèves s'affairent tout à coup et le bruit qui augmente me fait réaliser le calme qui régnait pendant que nous parlions.
Nous sommes passés au tout numérique, dit-il. Jette un ½il.

Le journal du collège ne m'intéresse pas vraiment, mais je lui suis reconnaissant de combler le blanc gênant ; de sa tentative de faire comme si tout était normal. Le voir est... Je ne peux même pas le décrire. Je l'écoute alors qu'il me fait faire un rapide tour d'horizon du programme qu'ils utilisent aujourd'hui, me fait la démonstration des appareils photo numériques, du scanner récalcitrant. Et je dois faire des réponses appropriées. Mais en grande partie, je ne fais que le regarder la facilité avec laquelle il parle aux étudiants, son aisance dans son travail.
Il a toujours été à l'aise avec son corps. Maintenant, il semble intérieurement décontracté.
Harry a toujours été bien mieux organisé et plus efficace que moi.
Il parle depuis un certain temps maintenant, et je réalise au ton de sa voix que la dernière partie était une question, mais aucune idée de ce dont il s'agit.
Désolé, c'était quoi la question ?

Il nous a entraînés vers un coin éloigné, à l'écart des étudiants, où il était en train de me montrer le dernier des lecteurs  numériques. Il regarde au loin, se concentrant sur le clavier, et dit :
Je me demandais si tu pouvais avoir envie d'aller boire une bière avec moi plus tard ? À moins que tu rejoignes tes anciens camarades de classe ?
Non, non, je n'ai fait aucun plan, dis-je.
Gardes-tu le contact avec eux ? me demande-t-il. Oli et Calvin ?
oli et Calvin. Le connard et l'abruti.

Non, lui dis-je. Pas du tout.
Je pourrais en dire plus sur ce que je pense de oli et calvin, et de moi-même quand j'étais avec eux, mais pas ici. Peut-être que je pourrais lui dire plus tard. Il ne dit rien de plus, et je sais que c'est mon tour. Il a porté toute la conversation jusqu'à maintenant, et je ne lui ai jamais répondu, donc finalement je dis :
Une bière, ça me paraît bien.
Je suis sûr que j'imagine que ses épaules se relâchent un peu. Tout ce qu'il dit c'est :
Cool. Que dis-tu du Rocky ? Vers neuf heures ?

Le Rocky est un endroit sympa. Il est là depuis des siècles, mais ce n'est pas un endroit où la plupart des gens que nous connaissons iraient. Je suis surpris de la  facilité avec laquelle mon esprit se glisse dans ses réseaux furtifs, alignant déjà les excuses, se demandant ce que les gens penseront si nous sommes vus ensemble. Se demandant si les mémoires des gens sont longues.
Me demandant pourquoi, bordel, je me soucie toujours de ce que les gens pensent.
Louis ?
Il s'est tourné pour me faire face à nouveau, conservant toujours sa pose polie. Je déglutis.
Ouais, neuf heures. D'accord. À tout à l'heure.
Il hoche la tête, mais avant qu'il puisse dire quoi que ce soit d'autre, son attention est réclamée  par un étudiant et alors que je quitte la pièce, je l'entends dire :
Je pense que ça fonctionnera mieux si vous le mettez dans le bon sens.
Cela me fait sourire. Je peux entendre le ''crétin'' qu'il se retient de dire à haute voix.
Il semble que Harry ait appris la retenue après tout.



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ENFIN voila le troisième Chapitre 
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Bisous Bisous

 

Tags : chapitre 3 - Larry stylinson

Chapitre 4 27/04/2016

                                


                                                               CHAPITRE 4


Harry
 

MERDE ALORS !
Je peux presque entendre les questions que mes intrépides jeunes journalistes meurent d'envie de me poser, mais je les distrais avec de vagues menaces au sujet de la signature de leurs articles s'ils ne s'attellent pas à la tâche pour me mettre ce foutu papier sous presse dans les délais, tapotant impatiemment ma montre et murmurant à propos des échéances difficiles. Les regards que je vois sur quelques-uns de leurs visages me disent que je ne trompe personne, mais ils  m'accordent le minimum de respect auquel mon statut d'éducateur me donne droit et se remettent au travail. Je donne cinq minutes avant que l'un d'eux me demande si ce mec mature et sexy est mon petit ami.
 

Le nombre de manières différentes dont j'ai rêvé de revoir Louis tomlinson est embarrassant. Au début, durant les premières semaines après qu'il se soit tenu là, aussi muet qu'un film de charlie chaplin pendant que ses potes gloussaient sur un tableau érotique m'impliquant en train de me faire prendre de toutes les façons imaginables par Micheal B Jordan, j'ai imaginé Louis jetant des cailloux contre ma fenêtre et moi escaladant la  façade pour sortir et courir me jeter dans ses bras. Il me disait qu'il avait changé d'avis et qu'il était désolé que cela lui ait pris si longtemps. Il m'invitait moi au cinéma, me disait qu'il voulait me faire rencontrer ses parents. Il prenait mon visage dans ses mains et m'embrassait, juste là, sur la pelouse devant la maison, et... Il est possible que j'aie regardé trop de films de Steven Spielberg.


L'été qui suivit ma première année d'université, j'ai travaillé pour le stand de crèmes glacées de mon oncle. Le salaire était merdique, mais les avantages inversement proportionnels : un job stable et toute la glace que je pouvais manger. Je me suis goinfré de tout, de la pâte à biscuits aux pépites de chocolat en passant par le sorbet à l'orange. Le soir, après le travail, je nageais dans la piscine extérieure de Caswell, longueur après longueur, en regardant le fond de la piscine pendant les longueurs en nage libre et le ciel étoilé quand je revenais en dos crawlé. Je tenais de longues conversations avec Louis dans ma tête, et je pouvais presque le voir hocher la tête alors qu'il décidait que j'avais raison, que j'avais eu raison sur toute la ligne.
Certaines personnes fantasment de pouvoir se faire quelqu'un ; moi, je fantasme que les gens me disent que j'ai raison. Choisissez ici votre 'pokerface ' préféré.

J'ai échangé la natation contre des heures et des heures dans la salle de sport de l'université à lever des poids. L'entraîneur prévoyait d'ajouter une épreuve de quatre nages individuelles pour ma compétition de sélection de deuxième année, et j'avais besoin de développer la force de mes épaules pour la nage papillon. Ma mère me grillait des steaks pour le dîner presque tous les soirs, en disant que j'avais besoin de protéines.

J'ai grandi de dix centimètres entre mai et août.
Si mes parents savaient que j'étais seul, ils n'ont jamais rien dit à ce sujet. Ils ont juste continué à me nourrir.
Finalement, la routine atteignit son but, et je commençai à vivre dans le présent au lieu de me rappeler le passé ou d'inventer l'avenir. Donc, ça fait probablement presque une décennie depuis que j'ai imaginé une conversation entière avec Louis Tomlinson. Il est bon de savoir que, dans le feu de l'instant, dans la précipitation surprise de le revoir, j'ai réussi à enchaîner quelques phrases cohérentes. Je pense que je lui ai même proposé de sortir, non ? Est-ce que cela y ressemblait pour des yeux extérieurs ? J'ai opté pour la nonchalance

alors que ce que je voulais vraiment faire, c'était l'enrouler autour de moi comme un manteau et l'avoir pour le reste de la journée mais tant d'années ont passé depuis l'époque où je devais dire des choses alors que j'en ressentais d'autres, que je n'ai aucune idée de la façon dont je m'en suis tiré. Je suppose que nous verrons quand il se montrera.
S'il se montre.

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Louis

HARRY M'ATTEND devant le Rocky, les mains dans les poches de son slim noir en se balançant d'un pied sur l'autre, comme il avait l'habitude de le faire. Certaines choses ont changé, mais certaines autres sont restées les mêmes. Quand il me voit, il sourit, et c'est familier ça aussi. Puis il tire les mains de ses poches, pour m'atteindre, et instinctivement j'ai un mouvement de recul, regardant autour de moi pour voir si quelqu'un nous observe.

C'était la mauvaise chose à faire ; je le comprends presque immédiatement. Harry fait un pas en arrière, lève ses bras vides, et noue les doigts derrière sa tête, s'appuyant dans ses mains.
Tu es vraiment exactement le même, n'est-ce pas ? demande-t-il en se détournant, la voix basse, en colère. Tu n'as pas changé d'un pouce.

Avant de pouvoir changer d'avis ou même de questionner la sagesse de mon esprit, j'ai raccourci l'espace entre nous et l'ai tourné vers moi par le pli de son coude. Puis, je me retrouve en train de glisser les bras autour de son dos, juste assez longtemps pour sentir le nouvel étirement de ses muscles, son ampleur inattendue, surpris à nouveau de le trouver si grand. Je l'étreins, sans doute trop fortement, et le laisse aller avant qu'il ne puisse suffisamment démêler ses doigts pour me toucher.

Tu as raison, lui dis-je. Et tu as tort.

Il est toujours en colère, et pire encore, méfiant.
Allez viens, prenons une bière. Je paye, dis-je.
Je me tourne vers la porte et regarde en arrière pour voir s'il va suivre. Il laisse retomber ses bras, hésite, puis hausse les épaules et se dirige vers moi.
Bien sûr que tu payes. Cette veste m'a coûté un salaire entier,
dit-il en me dépassant.

Oui, c'est mieux. C'est le Harry que je connais.
L'endroit est bondé, bruyant. Plus actif que dans mon souvenir. Je jette un rapide coup d'½il sur la clientèle, mais la plupart des gens ne me regardent pas. Ils regardent Harry, et alors je peux voir ce qu'ils voient : un homme grand, beau et sûr de lui. Pas étonnant qu'ils le regardent.
Le barman connaît manifestement bien Harry, parce qu'il y a une bouteille de bière décapsulée  Corona à ce qu'il semble – qui l'attend avant même qu'il n'atteigne le bar. Il lève la bouteille en signe de remerciement, puis fait un geste dans ma direction et dit :
Matt, tu te souviens de Louis Tomlinson? Deux années au-dessus de moi ?

Matt est petit, rond, et il a probablement autour de la cinquantaine, au moins. Je pense que c'est un Young, bien que son nez ait un penchant du côté des Dane. Il me détaille, plisse les yeux, et dit :
Tu courais, non ?
Je cours toujours, je lui réponds en me penchant pour lui serrer la main.
En ville pour la réunion ? me demande-t-il, et je hoche la tête alors même que je la tourne pour  voir si je reconnais des visages dans la foule.
Harry voit clairement dans mon jeu. Au moment où je finis de parcourir les visages, il tient une bière dans sa main pour moi, et il se penche, s'approchant suffisamment pour que je puisse l'entendre dire :
Matt dit que la terrasse est plus tranquille.
Je glisse un billet de dix dollars sur le comptoir et dis 'Merci' en réponse au 'Bienvenue à la maison' de Matt.

Ensuite, nous retournons dehors, où c'est effectivement plus calme et proportionnellement plus sombre. Je me demande combien de fois Harry a emmené des hommes ici, combien de fois 'plus tranquille' a signifié 'plus intime'. Oui, je comprends parfaitement que j'ai renoncé à toute prétention de jalousie dix ans plus tôt. La terrasse s'étend depuis l'avant jusque sur le côté du bâtiment, et je suppose que pendant l'été elle se remplie des débordements de l'intérieur. Aujourd'hui, il n'y a que quelques tables rondes et des chaises empilées dans un coin, avec des parasols moisis penchant tristement contre elles. Nous avons l'espace pour nous. Je suppose que la plupart des gens n'apprécient pas de s'asseoir dehors durant une fraîche nuit d'octobre J'aime plutôt ça.
 
 Harry arrange deux chaises autour d'une table, puis se laisse tomber sur l'une d'elles avec un soupir et se met à parler. Rien de personnel, pas de questions, juste une mise à jour sur Danesboro d'aujourd'hui . Je me souviens de certains noms qu'il mentionne. Il me dit que son ami zayn et Gigi se sont mariés en 2017 et ont eu des Jumeaux qui feront indubitablement des ravages dès qu'ils apprendront à marcher. Je me rappelle vaguement Gigi : grande, mince, cheveux blond Zayn, je ne m'en souviens pas du tout. La naissance des Jumeaux a apparemment mis fin à une querelle qui durait depuis des décennies entre leurs deux familles, et maintenant ils font des barbecues ensemble les troisièmes dimanches de chaque mois.

Je ne connais que quelques-uns des noms qu'il cite  je n'ai jamais prêté beaucoup d'attention aux étudiants de première année, mais ça ne me dérange pas. C'est bon d'entendre sa voix, et j'essaie de participer à maintenir la conversation. Quand il y a une brève accalmie, je bégaie une question qui n'a cessé de me tourmenter depuis que je l'ai vu à Grand Hall cet après-midi.

Y a-t-il eu des problèmes avec le fait que tu sois .. je veux dire, tu sais, prof et gay ?

 Il m'adresse un sourire amusé pour mon phrasé maladroit.

Le Doyen Maxwell ne m'aurait peut-être pas embauché, mais il a pris sa retraite alors que je travaillais sur ma thèse, et quand j'ai postulé pour un emploi, le nouveau Doyen, Arch Bellamy, l'avait remplacé. Disons simplement qu'il a une vision plus évoluée.

Ça tombait bien, dis-je.
Quelle différence en dix ans : je ne me souviens d'aucune université ouvertement gay à l'époque où nous étions étudiants.
Ouais. Il est également possible qu'il y ait eu un peu de népotisme au travail, poursuit-il. Mon père a pris sa retraite à peu près à la même époque, et je pense qu'il a fait circuler quelques recommandations pour moi en partant.
Où as-tu obtenu ta maîtrise ? Je lui demande.

Il sourit largement.

Easy U

Cela me fait rire, ce qui je pense était son intention. Quand vous allez dans une petite école dans une petite ville, il est difficile de se sentir supérieur, mais nous nous moquions toujours des gamins de Danesboro qui finissaient à l'Université d'East Carolina à Greenville  ECU, plus connu sous le nom d'Easy U. J'ai entendu dire que c'était un peu plus difficile d'y entrer  et d'en sortir  maintenant, et je sais qu'il fait un effort pour maintenir une conversation légère
.
Je laisse sa voix me détendre. La Corona aide aussi, je ne peux pas le nier. Bientôt, je finis même par arrêter de lever les yeux à chaque bruit de pas. Les clients vont et viennent, juste dans notre champ de vision. Un couple lève la main vers Harry, et il lève la sienne en retour.

Donc, tu es heureux ici, dis-je finalement, interrompant une histoire à propos de l'inauguration de la nouvelle salle de spectacle.

Il prend une autre gorgée de bière.

 — Ouais, c'est ce que je dirais.
Il me regarde. Nous ne sommes pas directement assis sous la faible lumière de la terrasse, donc son visage est principalement constitué de plats et d'ombres.

Et toi ? me demande-t-il.

Je veux regarder ailleurs, mais je ne le fais pas. Je suis venu ici pour découvrir certaines choses, et il n'y a pas de moyen facile de le faire.

Non, dis-je si doucement qu'il se penche en avant. Je ne dirais pas ça.
Son visage accroche plus de lumière à mesure qu'il s'approche,  et je suis frappé de voir combien il est beau.

Tu avais raison, avant, dis-je en avalant la dernière gorgée de ma bière.
Je pose la bouteille sur la table et me penche-moi aussi en avant.

Je n'ai pas beaucoup changé. Je suis toujours...
Seigneur, je ne peux même pas le dire. Je respire profondément. C'est calme. Il n'y a personne autour de nous. Si je ne peux pas lui dire, je ne le dirai jamais à personne. Je le sais.
Il incline la tête.

Quoi ? demande-t-il.

Sa colère du début s'est S'envolée, et la sympathie que je vois sur son visage fait fondre quelque chose en moi, fait se relâcher quelque chose
.
-Mort de peur, dis-je à la hâte. Je suis toujours mort de peur. Je suis... paralysé.
Ses sourcils se froncent.
Louis...
— Tout ce que je fais c'est travailler et courir.
Je ne peux pas arrêter maintenant que j'ai commencé.

Je... je ne sais pas quoi faire. Je suis seul tout le temps, et je n'ai pas...

 Il a sa main dehors maintenant, posée fermement sur mon bras, loin de la lumière, et il chuchote des sons.
— Tout va bien, dit-il, enveloppant sa main autour de mon bras, me tenant.

Je savais que ça ne serait pas facile, de lâcher prise sur certaines des choses que j'ai portées tout ce temps, mais je ne savais pas que cela me ferait physiquement mal. Ma poitrine semble contractée, ma gorge est douloureuse. Je passe la langue sur mes lèvres sèches et essaye de respirer.

Quelque chose doit changer, je murmure, et il hoche la tête, ses yeux fixés sur les miens, sa  main chaude, même à travers ma veste.
Des rires en provenance du bar rompent le charme. Il se renfonce dans sa chaise, enlevant sa main de mon bras, et je tremble un peu.
Les voix décroissent alors que les clients s'éloignent, et je me rends compte que nous sommes restés assis là un long moment. Le Rocky ferme toujours à une heure du matin, et il est presque l'heure maintenant.
 

La lumière sur la terrasse s'éteint brusquement, et nous sommes laissés dans l'obscurité avec seulement la lueur d'un lampadaire à proximité pour nous repérer. Matt apparaît au coin de la terrasse, puis s'arrête quand il nous voit.
Désolé, les gars, je passe juste pour les bouteilles vides.
Harry les ramasse et les lui apporte. Matt lui sourit, puis lève son menton vers moi.
Empilez juste les chaises quand vous partez, dit-il.
Bien sûr, Matt, répond Harry. Bonne nuit.
Et nous nous retrouvons seuls.
Il... sait, dis-je.
 

Je ne sais pas pourquoi je suis si surpris par ça, mais je le suis.
 — Ouais, dit Harry, se rasseyant et étendant ses jambes. C'est un bon gars.
Le calme s'installe. Je peux voir mon souffle maintenant, quand je parle, mais je ne fais aucun geste pour partir, et Harry non plus.
Il pense probablement...
Je ne peux toujours pas le prononcer, mais Harry sait ce que je veux dire.
Ça t'ennuie ? demande-t-il, sans me regarder.
Si je ne l'avais pas si bien connu, je n'aurais pas pu entendre combien il était à l'écoute de ma réponse.

 — Pas à l'instant, dis-je finalement.
Je suppose que c'était une assez bonne réponse, parce qu'il tourne la tête vers moi, laisse son regard errer sur moi.
Brusquement, la chaleur se faufile à travers mon corps, chassant le froid. Je glisse un peu au fond de ma chaise, essayant de soulager la pression soudaine de mon jean, et je sais qu'il voit ça aussi. Ma bouche s'assèche à nouveau, mais ça n'a plus rien à voir avec la peur maintenant. C'est l'excitation, pure et au grand jamais, simple. Je fais le geste de me pencher en avant, puis m'examine.
 Harry baisse le menton, lève les yeux vers moi.

Ton choix, Louis.
Cette voix, prononçant mon nom comme ça, semble m'agripper et me tirer vers l'avant, et puis je me retrouve hors de ma chaise, accroupi dans l'espace entre les jambes de Harry, enveloppant une main autour de sa nuque, le tirant vers le bas, et envoyant mon autre main droit sur son sexe.
Il est dur sous ma main, la chaleur insistante est évidente, même à travers son jean. Il est resté assis là pendant je ne sais combien de temps, assez longtemps pour que son jean soit chaud au toucher de l'extérieur. Assis là. Ayant envie de moi.
Après tout ce temps. Après ce que je lui ai fait. Il veut encore de moi.

Sa bouche écrase la mienne, conduite là par la pression de mon autre main sur son cou, et il laisse échapper un son léger et étouffé, pressant ses lèvres sur les miennes pendant une brève et douce seconde, puis s'écarte.

Louis, Louis, Seigneur, pas ici, gémit-il, se jetant en arrière, sa bouche disant non, mais ses hanches faisant leur propre plaidoyer véhément, pompant dans ma main.

 — Où, alors ? je lui demande en caressant sa nuque.
Il ferme les yeux, fait rouler sa tête contre ma main.
Oh, seigneur, je ne sais pas, dit-il.
Où est l'endroit le plus proche ?
Cela lui tire un frisson et il secoue la tête.
Ta voiture. Mon appartement. Je n'habite pas loin.
J'appuie plus fort entre ses jambes.
Je pense qu'il fait assez sombre à côté de la benne à ordures, halète-t-il.

 Étonnamment, cela me fait rire, puis il ouvre les yeux et se met à rire aussi.
Ma voiture, m'entends-je dire, et ensuite je me redresse de ma position accroupie, le laissant partir à regret, me demandant si j'aurais vraiment les couilles de le faire si je m'arrêtais pour y penser.
Il se lève aussi, puis se tient juste là, d'une hauteur idéale, et je ne peux m'empêcher de me pencher vers lui, embrassant sa bouche ouverte. Il a la saveur de la bière, mais au-dessous, il a le goût que je lui ai toujours connu. Je dévore sa bouche, soudain vorace. Seigneur, nous nous accordons maintenant ; c'est facile, si facile de se frotter contre lui, nos hanches au même niveau, nos aines se heurtant, s'attirant.
Il prend ma tête à deux mains, l'incline, et pousse sa langue dans ma bouche. Le tâtonnement dont je me souviens de nos premières tentatives a disparu. Il sait exactement ce qu'il fait  où toucher, jusqu'où et avec quelle force. Il est très, très bon à cela.

Je le repousse avant d'oublier complètement où nous sommes. Je dois détourner le regard de ses yeux étincelants, de sa bouche gonflée. Je frotte impatiemment mon entrejambe, puis l'entraîne vers ma voiture.
Je ne me laisse pas le temps de penser à tout ça. Je déverrouille simplement les portes et l'invite à s'installer. Ensuite, c'est mon tour, et la voiture démarre, et nous nous mettons en route. Il me dirige vers un endroit près du terrain de golf public, une route en terre battue qui mène à un petit bois qu'il doit avoir découvert depuis que j'ai quitté la ville ; sinon, nous l'aurions ajouté à notre liste. Ici, il n'y a que le clair de lune.

Je coupe le contact. Je jure que je peux entendre les battements de mon c½ur tambouriner dans ma poitrine. Je l'entends respirer rapidement par la bouche. Je me tourne vers lui pour le regarder, et c'est presque un étranger. Je concentre mon attention sur ses yeux, sa bouche, cherchant à nouveau des  signes familiers dans son visage qui ne l'est plus.

L'atmosphère entre nous semble chargée. Je suis assez près de lui maintenant pour le sentir, l'odeur de son excitation grisante dans l'espace confiné. Il déboucle sa ceinture de sécurité et le léger déclic fait tressauter mon sexe. Je défais la mienne aussi, et me tourne vers lui. Maintenant que nous sommes là, je voudrais que nous soyons allés à son appartement. Nous sommes deux hommes plutôt grands dans une BMW 328i, et il n'y a pas assez de place pour bouger, et encore moins pour enlever le moindre vêtement. Mais aller chez lui semble... je ne sais pas. Plus sérieux, en quelque sorte. Plus  réfléchi, moins spontané. J'ai honte d'admettre que je cherche toujours des excuses.

Il attend que je décide ; je sais qu'il attend. Si je démarre la voiture et le ramène en ville, il ne sera pas surpris. Je pense qu'il s'attend probablement à ça, même si son corps me dit qu'il espère que cela n'arrivera pas. Il me force à choisir.

-Ton choix, Louis.

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ENFIN voila le Quatrième Chapitre 
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Bisous Bisous



  

Tags : Quatrième chapitre ♥ - Larry Stylinson. ♥

Chapitre 5 11/05/2016




CHAPITRE 5



Louis

 
« Ton choix, Louis. »
 
Je tends le bras vers lui.
Il soupire dans ma bouche et sourit légèrement contre moi, puis lèche mes lèvres jusqu'à ce que je les entrouvre assez pour m'adapter à lui, et je laisse sa bouche me submerger. Le besoin qui n'a jamais vraiment faibli jaillit à nouveau,  balayant tout sur son passage sauf mon désir d'être plus proche de lui. Je me cogne à nouveau dans l'espace confiné, heurtant mon coude sur le tableau de bord dans un effort pour le rapprocher de moi, nos genoux craquent douloureusement alors que nous nous tortillons tous les deux vers l'autre.

Bon sang. Ça ne va pas marcher comme ça. Ce n'est pas possible. J'abandonne sa bouche, puis le repousse au fond du siège, et commence à me frayer un passage sous ses vêtements.
Si je ne peux pas avoir tout ce que je veux, j'aurai au moins ça. Il laisse retomber sa tête en arrière, haletant, pendant que je déboucle sa ceinture et descend la fermeture de son pantalon,  tendant la main pour le saisir. Puis, je l'ai en main, dur et épais, et sensiblement plus grand que la dernière fois que je l'ai vu.
Bon Dieu, Harry, dis-je, passant ma main sur sa longueur colossale.

Il lève les yeux vers moi, puis les baisse sur lui-même, sur ma main, et sourit.
Ouais, j'ai eu comme une poussée de croissance à l'université.
Sans blague.
Je pense que c'est beau, et cela en soi est une révélation. Ce n'est vraiment pas que les femmes avec lesquelles je suis sorti aient des manques, c'est que je veux ce  que les hommes ont. Je veux ça, cette manifestation évidente du besoin, cette preuve incomparable et ingouvernable du désir.
Je ne peux nier que j'aime être ici, à regarder le sexe de Harry sentant pulser dans ma main, la brillance humide sur la pointe. Avant même de savoir que je vais le faire, je me penche et le lèche, puis glisse le gland gonflé dans ma bouche.
Il se raidit sous moi, chaque muscle se figeant, et il gémit.
Louis.

Oui, oui, c'est ce que je voulais entendre. Je ne le savais même pas jusqu'à ce qu'il le dise, mais c'est la personne que je veux être  pour lui. J'ai fait ça pour lui une fois seulement, mais à l'époque j'étais tellement nerveux que je ne me souviens pas d'avoir apprécié, et je ne peux même pas dire avec certitude si lui-même y avait pris du plaisir. J'y prends du plaisir maintenant, et il ne fait aucun doute que lui aussi.

J'aime les poussées inutiles qu'il donne, la main qui lutte pour une prise dans mes cheveux trop courts. Finalement, il choisit de me tenir la mâchoire, et je sens la chair tendre de son pouce le long de ma joue. Quand je réalise qu'il a physiquement conscience de se trouver là, de se sentir aller et venir dans ma bouche, je gémis, des décharges de plaisir embrasant mon propre sexe

.  Il aime le ronronnement que j'émets autour de lui, il me le dit. Enfin, me le murmure, et c'est ça, c'est tout ce dont j'ai besoin – sa voix dans mon oreille, son membre rigide et brûlant dans ma bouche, sa main sur mon visage. Je jouis sans avertissement, trempant mon jean, mes hanches pompant sauvagement dans l'air vide.
C'est tout ce que je peux faire pour ne pas le mordre, pour garder un certain contrôle sous la force qui me consume, mais avant même d'avoir épuisé ma jouissance, je me mets à le sucer, plus loin qu'avant, plus loin que ce dont je pensais être capable.

La main de Harry se déplace de ma mâchoire vers le sommet de ma tête, poussant maintenant, avec urgence, plus aussi indifférente, et son autre main s'agrippe au tableau de bord, s'arc-boutant pour pouvoir pousser plus fort, plus vite. Je le laisse faire, ouvert aussi large que possible. Je ne le prends toujours pas complètement, mais ça n'a pas l'air de lui importer. Quatre puissantes poussées, cinq, six. Je commence à voir des étoiles, mais je ne peux pas arrêter, je ne le ferai pas, et puis je le sens, remontant le long de la verge, jaillissant ; à flots, semble-t-il.

Je recrache tout instantanément, rejetant le sperme partout sur nous deux.
Seigneur, je suis désolé, dis-je mortifié, mais il rit alors  même que sa main se déplace jusqu'à son sexe pour se caresser lui-même, extrayant jusqu'à la dernière goutte.
Non, non, j'aurais dû te prévenir, dit-il.

J'entends encore le rire dans sa voix et quand je lève les yeux, rompant la fascination de regarder sa main sur lui-même, il a l'air... satisfait. Heureux. Je dois embrasser cette bouche rieuse, et ce n'est pas avant que sa langue se déplace avec un but dans ma bouche que je me rends compte qu'il est lui-même en train de se goûter là, me nettoyant à l'intérieur. Ce n'est pas avant qu'il enroule ses bras autour de moi  comme il le peut étant donné l'endroit où nous nous trouvons  que je réalise que je tremble. Il me repousse doucement dans mon siège, puis passe sa main l'air de rien sur le devant de mon jean. Je sais qu'il peut y sentir l'humidité, je sais qu'il sait ce qui est arrivé.
Louis, combien de temps ça fait ? demande-t-il incrédule.
Je n'ai pas de relations...
Il se moque, et je ne le blâme pas.
J'en ai. Quelques une. Avec des femmes, je bégaye.
Il s'immobilise, sa main toujours en coupe autour de moi. « — Mais je n'ai eu de relations avec aucun...
Homme, me coupe-t-il.
Personne qui... comptait.
Il me regarde intensément.
Depuis toi.

__________________

Harry                                                                                                                                        

OH BON sang.
Je me racle la gorge, cherchant mes mots. Je suis encore un peu béat d'avoir eu sa bouche sur moi, et sa voiture sent le sexe. Il transpire et ses mains tremblent encore. Il a l'air d'être bel et bien secoué. Nous avons embué les fenêtres, et je suis toujours assis là, le pantalon ouvert, ondulant à l'air. Pas vraiment les conditions idéales pour essayer de dissuader un homme de sauter d'un arbre, mais il est clairement frappant que Louis  s'accroche à une très haute branche et qu'il a beaucoup de mal à mettre pied à terre. Dans cette comparaison, il est le chaton et je suis le pompier. Vous saisissez ?

Après m'être rhabillé et avoir remonté la fermeture de mon pantalon, je jette un ½il par-dessus mon épaule vers la banquette arrière pour voir si je peux trouver quelque chose à utiliser pour le nettoyer. Il ne peut pas être à l'aise assis là avec le devant de son jean plein de sperme. Il y a un sac froissé de chez Hardee par terre derrière le siège conducteur, et quand je fouille à l'intérieur, je trouve deux serviettes en papier froissé, mais apparemment propres.

Ça ira. Nous allons commencer par le nettoyer et voir où cela nous mène.
Tiens, dis-je,
en les lui tendant et en essuyant ma propre main, collante sur mon jean.
Je l'observe pendant qu'il tamponne les serviettes en papier sur son pantalon. Je pensais m'être plutôt bien préparé pour Louis 2.0, étant donné le peu de temps de préparation que j'avais eu. Je m'étais passé un sérieux savon face au miroir alors que je changeais encore une fois de chemise, tuant le temps avant de partir pour le Rocky. 'Du calme, mec', avais-je lancé à ma propre réflexion, importunément fringante et pleine d'entrain. 'Détends-toi. Tu es dans tous tes états. Ce n'est pas  un conte de fées où le Prince Charmant se rend compte qu'il est raide du précepteur royal. Prends ça à la légère

'. J'ai même répété quelques phrases, pour entamer la conversation si les choses devenaient trop gênantes. J'aurais dû le savoir, vraiment. Les choses n'étaient jamais gênantes entre Louis et moi. Entre baiser comme des lapins dans un quelconque coin sombre et nous faire de l'½il furtivement dans l'Atrium la tête remplie d'arrières pensées,

nous trouvions du temps ici et là pour simplement nous asseoir et tuer le temps à discuter. Pas de choses importantes, comme de lui et moi et de ce que nous faisions, mais nous étions toujours  étonnamment compatibles quand il s'agissait de parler de choses qui n'étaient pas importantes.
Raison pour laquelle il m'a pris par surprise au Rocky en s'ouvrant à moi d'une manière dont j'avais seulement rêvé, littéralement. Maintenant, il me dit que je comptais.
Que ce que nous avions ensemble comptait.

Il a déjà essayé de dire quelque chose comme ça, avant. Une fois, il a pressé son visage dans mon cou, après que nous nous soyons caressés l'un l'autre dans l'un des tunnels de la station d'épuration, et il a dit : 'C'est la seule chose qui est réelle'. Je me souviens avoir essayé de l'amener à me regarder, mais il ne voulait pas, et puis nous avons entendu un bruit, ou sa conscience s'est réveillée ou quelque chose dans le genre, et le moment s'est dissipé. Mais je me suis rappelé ce qu'il avait dit, et je me le suis rejoué pendant des années, et je pense à ça maintenant.

Quel gaspillage de temps et d'énergie. Quel gâchis d'un homme bien qui a beaucoup à offrir – si tant est que vous soyez prêt à faire l'effort de passer au-delà des couches d'insécurité et d'incertitude, et... aurais-je détecté une faible bouffée de dégoût de lui-même quelque part ?  Je suis seul tout le temps. Je suis mort de peur. Je suis... paralysé. Seigneur. C'est si foutrement triste.

Le Louis que je connaissais avait au moins pris un risque. En fait, il avait passé huit mois ou presque à prendre des risques fous dans les vestiaires et les endroits publics. Il était allé jusque-là, mais pas plus loin, et il semblait que rien n'était allé bien pour lui depuis.
Eh bien, je suis désolé, mais je ne peux pas être son salut. Je ne peux pas prendre la décision à sa place, et je ne serai pas le pote qu'il baise en dehors de la ville non plus. Je ne peux pas... je ne veux pas... faire un pas en arrière dans l'affirmation de mon homosexualité, rôdant à la recherche d'un endroit sombre pour baiser

 Je ne vais pas faire marche arrière, pas même pour lui. Je suis qui je suis, et s'il ne peut toujours pas l'accepter après tout ce temps, tant pis. Nous ne reproduirons pas ça à nouveau. C'est beaucoup trop dur.
Tout cela a-t-il l'air crédible ? La bonne dose de dureté et de sensibilité ? Ouais ? Eh bien, je suis plein de contractions, je me mens à moi-même. S'il me dit 
: 'Je vais sortir à nouveau avec des femmes maintenant, mais est-ce que je peux t'appeler pour un petit coup rapide derrière le Food Lion de temps en temps ?'.
Je déteste ça,  mais j'irai probablement le retrouver quand même. Je n'ai pas l'air d'avoir beaucoup de limites quand il s'agit de Louis. Mais là tout de suite, il n'a pas besoin d'un sermon.
Plus que toute autre chose, il a besoin d'un ami. Ça, je peux le faire.
 
 
_______________________

«LOUIS                                                                                                                                    

JE ME réveille toujours à la même heure.
En semaine, le week-end, en vacances ; c'est la même chose pour mon horloge interne. Mon corps se réveille en voulant courir, en en ayant besoin, et aujourd'hui n'est pas une exception, en dépit de la courte nuit.

C'est un rituel maintenant, presque une religion.
Alors, quand je me réveille dans mon ancienne chambre le samedi matin, les posters toujours au mur, les trophées de course sur  piste et de course de fond prenant la poussière sur le bureau,
j'enfile un short et un tee-shirt, lace mes chaussures dans un demi-sommeil comateux, puis dépasse doucement la chambre de mes parents, descends les escaliers et sort par la porte latérale. Je m'étire dans mon ancien endroit habituel, m'appuyant contre le gros morceau de roche à côté de la route, la surface érodée par endroits.
 

Ensuite, c'est un pied devant l'autre, lentement au début, faisant travailler les quelques muscles noués encore endormis, me réveillant, mais il ne me faut pas longtemps pour trouver le rythme, surtout sur des chemins que je connais aussi bien que ceux-ci.  Ensuite, je suis libre, je flotte, le corps bourdonnant, l'esprit clair. Il n'y a aucun moyen d'expliquer cet état à moins de l'avoir ressenti. La meilleure façon de le décrire serait de dire qu'il me semblait que le monde s'était incliné comme il le fallait pendant ce laps de temps. Que quoi qu'il arrive d'autre dans la journée, il se sera passé quelque chose de pur et bon, aussi longtemps que j'aie ce moment.
C'est le seul moment où je suis vraiment à l'aise avec moi-même.
 

Habituellement, j'essaie de ne penser à rien quand je cours. Je compte les foulées ou je répète des phrases dont la cadence s'est imprimée dans ma tête. Aujourd'hui,  cependant, mon esprit vagabonde – trop de choses auxquelles penser – mais ça ne me dérange pas. Je me demande si tous ces efforts pour enfouir Harry au fond de mon subconscient m'alourdissaient, parce que penser à lui maintenant, le faisant remonter à dessein, me fait me sentir plus léger, plus rapide. Me rappeler ce que nous avons fait la nuit dernière envoie un éclair à travers moi, me motive.

Donc, tandis que mes pieds me conduisent droit vers la ville, mon esprit s'en va ailleurs : vers la voiture, notre conversation continue et le calme du retour à la maison, la main de Harry ferme sur ma cuisse.  Je l'ai déposé devant son immeuble. Il m'a invité à monter,
mais il était tard, il semblait qu'un million de petits soldats s'entraînaient au tir à l'intérieur de ma tête, et mon entrejambe ressemblait toujours à un marécage, malgré les efforts de Harry pour nous nettoyer. Vraiment, dans l'ensemble, cela avait été une très longue, électrisante et épuisante journée.

C'est pourquoi je l'ai simplement déposé. Il n'a pas demandé s'il me reverrait, n'a pas demandé combien de temps j'allais rester. Je me suis demandé, brièvement, si la plupart des vendredis soirs se déroulaient comme ça pour lui – quelques verres, un peu de bavardage, une rapide gâterie dans la voiture.
Il a juste dit qu'il espérait que je profiterais de la réunion de retrouvailles et m'a souhaité bonne nuit.
 
Je tourne le coin de la rue après le campus et cède à l'envie d'aller faire le tour de la piste d'athlétisme une dernière fois. Un tour mène à un autre, puis un autre. Mes pieds semblent reconnaître où ils se trouvent ; ils veulent aller plus vite, ils veulent sprinter.
Mes pieds, après tout ce temps, veulent toujours gagner.

La dernière fois que j'étais à la maison, j'ai tout foiré. Déchiré  entre le désir que j'avais de Harry et le besoin d'être normal, d'être comme tout le monde, j'ai choisi le chemin le plus sûr. La ligne droite, si vous voulez. Ce faisant, j'ai perdu quelque chose que je n'ai jamais retrouvé.
Mais je pense que ce que j'ai fait à Harry était pire.
Je me force à ralentir. Mon c½ur tressaute dans ma poitrine et mes jambes sont tremblantes. Je n'ai pas couru aussi intensément depuis très longtemps.

J'ai rabaissé les attentes de Harry à mon sujet il y a dix ans, et je ne pense pas que quoi que j'aie fait depuis le peu de temps que je suis là, ait changé son avis sur moi. « Je l'ai déçu à l'époque. Je ne l'ai peut-être pas encore fait cette fois, mais je pense qu'il s'est préparé à ça, il s'y attend.
Et c'est peut-être ça le catalyseur dont j'ai besoin pour prendre ces décisions difficiles. Il est peut-être le catalyseur.

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ENFIN voila le Cinquième Chapitre 
Nous Sommes Vraiment Désolé Pour Le Retard.
Ce Cinquième Chapitre Est Vraiment Miniature Nous Sommes vraiment Désolé...
nous avons eu quelques problèmes..
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Bisous Bisous


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